La Prospérité (Kinshasa)
3 Novembre 2009
Kinshasa — Les artistes congolais disposent désormais des cartes biométriques, alors que la liquidation de la Soneca cède la place à la Bunada (Bureau National des Droits d'Auteurs). C'est ce qui ressort du point de presse tenu, hier, lundi 2 novembre 2009 au ministère de la culture et des arts par le Ministre de tutelle, Esdras Kambale Bahekwa; avant de procéder à l'octroi, à titre symbolique, de ces cartes biométriques aux artistes présents à ce point de presse du nombre duquel l'on a noté Pépé Ndombe, Maître Taureau et Maître Liyolo. Ces cartes, a-t-il déclaré, font partie intégrante des dispositions portant sur les actes générateurs des recettes du Ministère de la CA, relative à la répartition budgétaire. Ces recettes sont de l'ordre de 3.300.000 francs congolais.
L'octroi de ces cartes aux artistes congolais fait suite à la mauvaise image dont font montre les artistes musiciens congolais dans leurs prestations à l'étranger. Cette carte permettra l'identification des vrais artistes afin d'extirper de ce noble métier les moutons noirs. Cette opération permet ainsi au ministère de disposer d'une banque des données des artistes en vue de les identifier suivant leurs disciplines. Evoquant les procédures d'obtention de ces cartes qui, du reste, ont une validité de 3 ans, Esdras Kambale a indiqué que l'artiste désireux d'obtenir cette carte doit, en premier lieu, s'acquitter de formalité administrative (achat du formulaire auprès du secrétariat général de la CA) qui s'élèvent à 25 dollars américains. Puis s'en suit la capture de la photo et des empreintes digitales de l'intéressé et, enfin, intervient le retrait de la carte. La procédure d'obtention de cette carte est assurée par la firme belge Semlex, spécialisé en délivrance des cartes biométriques. Quant à la répartition de ce 25 $, le Ministre a souligné que 10$ est destiné au trésor public via la DGRAD et les 15 autres à la firme belge dont 10% financeront les différentes actions sociales à l'intention des artistes congolais. Abordant le dossier «Soneca», le patron de la culture congolais a révélé que cette structure a été créée depuis 1970 sous l'Ordonnance du Feu Président Mobutu pour une durée de 30 ans.
Ayant fonctionné, durant la périodicité déterminée par l'Ordonnance, cette structure a été liquidée en 2000 car les sociétaires ne l'ont pas prorogé. Et, c'est depuis 2004 que l'Etat congolais a enclenchéle processus de liquidation de cette structure, dont le fonctionnement a été émaillé des malversations financières. Face à cette situation, le Ministre de la CA projette la création d'une nouvelle structure, le BUNADA (Bureau National des Droits d'Auteurs). Le projet de lois étant soumis à la commission ministérielle des lois, elle sera d'ici 2010 soumis aux amendements des artistes avant ceux du Parlement. Non à l'immoralité à travers la musique congolaise L'immoralité caractérise la musique congolaise actuellement. Face à cette situation désastreuse, le Ministre de la CA appelle la classe musicale et la population congolaise au bon sens sur base des notions de la bonne morale. C'est depuis son ascension à la tête de ce Ministère que Son Excellence ESDRAS KAMBA fait de la lutte contre les antivaleurs et insanités à travers la chanson son cheval de bataille. «La censure doit commencer par le cerveau», a-t-il souligné. Ayant pour rôle de détendre mais aussi d'éduquer, le Ministre appelle les artistes à la pudeur et aux valeurs morales. Se penchant sur la commission de censure, le Ministre a notifié que celle-ci relève, en premier lieu, du ministère de la Justice et Gardes des Sceaux. Créée par un arrêté daté de 1996, signé par Léon Kengo wa Dondo, actuel président du Sénat, alors Premier Ministre sous Mobutu, cette commission a pour rôle de censurer les spectacles et chansons à présenter au public. Fort dommage que cela n'est plus qu'illusoire car la commission se voit de plus en plus subjective.
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