Le Phare (Kinshasa)
Castro
3 Novembre 2009
Les choses risquent de se précipiter avec la sortie fracassante du gouvernement des Etats-Unis d'Amérique qui a envoyé un message clair et fort en direction de Kinshasa pour lui demander de faire tout ce qui est en son pouvoir pour faciliter l'arrestation et le transfert du général Jean-Bosco NTAGANDA à La Haye pour y être entendu sur les crimes de guerre et l'enrôlement d'enfants en Ituri entre 2002 et 2003. « C'est inexcusable que les autorités congolaises n'aient pas transféré J.B. NTAGANDA à la CPI », a indiqué à Jobourg Howard Wolpe, Conseiller spécial américain pour la Région des Grands Lacs.
Après l'Union Européenne, Washington prend le relais pour faire pression sur le gouvernement de la RDC au sujet d'une affaire qui défraie la chronique depuis plus d'une année, même après que Jean-Bosco NTAGANDA ait opéré une révolution de Palais contre le général déchu L.Nkunda Mihigo aujourd'hui détenu dans une prison rwandaise. Depuis lors, des appels provenant des organisations de défense des droits de l'homme tant nationales qu'internationales ne cessent de pleuvoir sur la table du gouvernement congolais, le pressant d'expédier l'incriminé vers la Cour Pénale Internationale, en exécution d'un mandat d'arrêt internationale lui lancé par le procureur de cette institution judiciaire.
Difficile choix
Kinshasa se trouve en face d'un véritable « Noeud Gordien ». Faut-il se cabrer et refuser de livrer ce « général » et chairman du C.N.D.P., sous prétexte qu'il constitue une pièce maîtresse dans le retour de la paix au Nord-Kivu ? Cette hypothèse présente des risques importants, notamment l'isolement de la RDC sur la scène internationale. Qu'on le veuille ou pas, le coup de gueule de Washington n'est rien d'autre qu'un avertissement additionnel à l'endroit des plénipotentiaires du régime en place qui se sont toujours réfugiés derrière ce prétexte du renforcement du processus de paix issu de l'Accord de Goma pour refuser de livrer cet homme recherché part la CPI.
La même exigence a été enregistrée récemment de la part de l'Union Européenne, qui faisait partie du Comité International d'Accompagnement de la Transition pendant la transition de 1+4 et dont le rôle a été fort déterminant pour conduire ce pays aux élections libres, démocratiques et transparentes en 2006, mettant ainsi fin aux guerres fratricides depuis 1996. De même, Washington et l'Union Européenne sont les principaux bailleurs des fonds de la La Banque Mondiale et du Fond Monétaire International, jusqu'à hauteur de 50% du budget de l'année prochaine. Parler d'un chantage ne serait qu'une lapalissade et c'est là où éclate la faiblesse de Kinshasa qui ne sait plus où mettre la tête. Ce, pour avoir bradé sa souveraineté en croyant faire plaisir à la communauté internationale, en livrant quatre de ses fils à la CPI. De sorte qu'à ce jour, d'aucuns ne se gênent pas de dire que cette CPI n'a été créée que pour la RDC.
Le coup de semonce de Washington étonne plus d'une personne dès lors que les Etats-Unis n'ont toujours pas signé le Traité de Rome créant la Cour Pénale Internationale. De quoi se mêleraient-ils alors ? Quelle idée se trame derrière cette position qui intervient une semaine après celle de Bruxelles ? Face à la pression internationale, la RDC va-t-elle continuer à faire la sourde oreille et voir ainsi s'envoler la moitié de son Budget 2010, en termes d'apports financiers extérieurs, et l'espoir de l'atteinte du Point d'Achèvement de l'Initiative PPTE ?
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