Le Phare (Kinshasa)
Kimp
3 Novembre 2009
L'Etat congolais a frappé un grand coup samedi dans la voie de son désengagement des entreprises publiques actuellement dans la phase de mutation vers des sociétés commerciales.
C'est le jour qu'il a choisi en effet pour formaliser, en accord avec l'OKIMO (Office des Mines d'Or de Kilo-Moto), la cession aux firmes Randgold Resources Limited et AngloGold Ashanti Limited de 20 % des parts que gérait Kibali Goldmines S.P.R.L. La transaction a été négociée à hauteur de 113,6 millions de dollars américains.
Commentant l'opération peu après la signature du contrat, la ministre du Portefeuille, Jeannine Mabunda, a indiqué que c'était là une des preuves de la bonne gestion du Portefeuille de l'Etat. La restructuration du capital social de Kibali Goldmines S.P.R.L. est intervenue, selon elle, dans une conjoncture fort favorable pour la transaction susmentionnée.
Dans les couloirs du ministère du Portefeuille, qui était chargé de superviser le processus de cession des parts du gouvernement aux deux groupes privés, on soutient que l'affaire a été rondement menée par les experts de l'Okimo, parmi lesquels on a compté des représentants de la banque BNP Paribas, du cabinet d'avocats Heenan Blaikie et du Conseil Supérieur du Portefeuille.
On relève que Kibali Goldmines est le fruit d'une joint-venture entre Okimo et le tandem Moto Goldmines Limited- Border Energy Pty Limited. Elle a pour mission principale la mise en valeur du projet aurifère Moto Gold dans le district du Haut-Uélé, en Province Orientale. Il y est signalé des réserves aurifères estimées à 5,5 millions d'onces d'or et des ressources en or de l'ordre de 22,5 millions d'onces.
On croit savoir que les 113,6 millions de dollars américains engrangés par l'Okimo vont lui permettre de développer ses activités de prospection et d'exploitation de l'or ainsi que des projets sociaux connexes, notamment les routes de desserte agricole, les hôpitaux, les écoles, l'agriculture, l'eau potable, l'électricité, etc.
Les connaisseurs du secteur minier soutiennent que le gouvernement devait lever l'option de la vente de ses parts à temps, car les besoins de l'Okimo en capitaux, surtout pour l'exploitation du Projet Moto Gold, sont considérables. D'une part, Okimo ne pouvait à elle seule les mobiliser , et d'autre part, la gestion du patrimoine de l'Etat exige un maximum de prudence, en raison des risques financiers que comporte chaque investissement de cette nature.
Tout en ayant effectué un bond de plus dans son statut d'actionnaire minoritaire, l'Etat congolais ne garde pas moins un droit de regard sur le nouvel actionnariat, avec ses 10% des parts. L'avantage pour l'Okimo est qu'elle pourrait injecter une partie des fonds récoltés dans la mise en valeur d'autres gisements aurifères qu'elle contrôle en Province Orientale.
Il convient de noter qu'au regard du Contrat d'Association signé par les parties, Randgold Ressources s'engage à financer l'aménagement des infrastructures de base dans cette partie du pays à concurrence de 170 millions de dollars américains. Les projets déjà ciblés concernent les routes secondaires du Nord et du Sud entre Doko et Aru, le pont Kibali, des mini-barrages hydro-électriques, un aéroport, une usine de traitement et d'épuration d'eau, des hôpitaux, des écoles, des centres des loisirs, etc.
Be the first to Write a Comment!
Copyright © 2009 Le Phare. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com).
AllAfrica collecte et indexe du contenu provenant de plus de 125 organes de presse d'Afrique ainsi que de plus de 200 autres sources d'informations et de nouvelles. Les pourvoyeurs d'informations de AllAfrica gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica.