Mamadou Traore
3 Novembre 2009
La campagne sèche 2009-2010 vient de prendre son envol. C'est à Lémouroudougou, un village rattaché à la commune de Banfora, que le ministre délégué à l'agriculture, Abdoulaye Combary a officiellement lancé cette campagne le vendredi 30 octobre 2009 en présence de nombreuses personnalités dont le secrétaire général du gouvernement, Amadou Adrien Koné. Cette année, la campagne est placée sous le thème « Contribution de l'irrigation à la sécurisation alimentaire et nutritionnelle dans un contexte de crise. »
Le lancement de la campagne sèche à Lémouroudougou, sur les rives de la Comoé, n'est pas un fait du hasard. Ce village constitue un exemple en matière d'irrigation, d'intensification et de diversification. A Lémouroudougou, ce sont 75 hectares de terre qui sont emblavés par deux groupements composés de 50 hommes et de 60 femmes. Pour l'occasion, plusieurs personnalités du monde agricole ont fait le déplacement de Lémouroudougou. Du secrétaire général du gouvernement aux représentants d'institutions comme la FAO en passant par les représentants des chambres régionales d'agriculture des différentes régions du Buirkina, ils étaient nombreux à assister au lancement de la campagne. Les cultivateurs de la région des Cascades n'étaient pas en reste. Ils se sont fortement mobilisés à Lémouroudougou pour traduire leur engagement aux côtés du gouvernement dans sa lutte contre la famine au Burkina.
« Tous dans les champs ! » C'est par cette phrase que le ministre délégué à l'agriculture, Abdoulaye Combary, a invité les producteurs du Burkina à se lancer dans la production au cours de cette campagne agricole sèche qui s'inscrit dans la mise en à "uvre de la politique nationale de développement durable de l'agriculture irriguée. Selon le ministre Combary, cette campagne traduit la volonté du gouvernement de promouvoir la production agricole durant toute l'année au Burkina. La campagne sèche vise à amoindrir la vulnérabilité climatique et à assurer aux populations des revenus supplémentaires nécessaires à la sécurité alimentaire et nutritionnelle. En effet, dira le ministre Combary, le contexte de cette année, marqué par des changements climatiques sans précédent où se succèdent inondations et sécheresses, rend nos populations encore plus vulnérables. La conjugaison des effets néfastes de la crise économique et financière ainsi que la hausse des prix des denrées alimentaires imposent à notre pays d'intervenir sur la maîtrise de l'eau et l'aménagement des terres pour accroître et sécuriser la production agricole.
Pour le ministre délégué, l'engagement de tous les acteurs est essentiel si le Burkina veut relever ce pari. Il a informé les producteurs que le gouvernement mettra à leur disposition, au titre de la présente campagne, 500 tonnes de semences améliorées et plus de 4.000 tonnes de NPK et d'urée dans les mêmes conditions d'acquisition que celles de la campagne humide. Cela dans le but d'assurer la production d'environ 40.000 tonnes de céréales supplémentaires. En sus des céréales, la campagne sèche ambitionne de procurer plus de 3.000 tonnes de niébé, de haricot vert et d'arachide, 91.000 tonnes de tubercules, 635.000 tonnes de produits maraîchers et 87.000 tonnes de fruits. Pour la réalisation de ces prévisions fort ambitieux, les producteurs, venus des différentes régions du pays, ont été invités à utiliser les semences améliorées, la fumure organique et à respecter scrupuleusement les bonnes pratiques agricoles avec un accent particulier sur la protection des berges contre l'ensablement.
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