Le Pays (Ouagadougou)

Guinée: Sauront-ils dépasser leurs égoïsmes ?

Boureima Ouedraogo Sonre

3 Novembre 2009


opinion

Sortir la Guinée de l'impasse dans laquelle elle se trouve à la suite des massacres, des viols et des atteintes graves aux droits humains perpétrés le 28 septembre dernier, et la replacer sur la route de l'espoir.

C'est sans aucun doute le souhait partagé par les uns et les autres qui se sont donné rendez-vous à Ouagadougou pour échanger avec le médiateur, Blaise Compaoré. L'étape de Ouagadougou semble être cruciale. Plus d'un mois après les événements tragiques au stade du 28-Septembre, les partis politiques, les défenseurs des droits humains et les syndicats, regroupés sous le vocable de "Forces vives" se sont retrouvés depuis hier pour entamer des négociations directes avec la junte militaire. Agissant désormais dans le sens de l'apaisement, même s'il refuse toujours de se laisser conduire allègrement à l'abattoir, le capitaine fougueux a apparemment changé de stratégie de communication. Les sanctions commencent peut-être à produire leurs effets psychologiques.

En tout cas, la participation des Forces vives est impressionnante : une délégation de 24 représentants se retrouve dans la capitale burkinabè. Refuser de venir à Ouagadougou, faire la politique de la chaise vide et se cloîtrer à Conakry aurait été contre-productif pour les Forces vives. En cela, il faut se féliciter du comportement positif des Forces vives qui, finalement, ont fait le voyage au Faso, qui ont même étaient les premières à fouler le sol burkinabè et qui attendaient jusqu'à hier en fin de journée la junte militaire. C'est une attitude qui peut aider la Guinée à sortir du contexte politique, économique, social et diplomatique exécrable dans lequel elle se trouve. A l'inverse, comment interpréter le message livré par Dadis Camara quelques heures avant le début des discussions de Ouagadougou ? Le chef de la junte semble faire dans la surenchère.

Dans tous les cas, Guinéens et Guinéennes doivent se convaincre que la sortie de la crise dépend seulement d'eux et non des autres. Le médiateur-facilitateur ne pourra faire qu'un travail d'accompagnement. La communauté internationale ne peut faire plus que ce qui a été fait en termes de menaces, de pressions et de sanctions. La balle sera toujours dans le camp des Guinéens qui seraient bien inspirés de la jouer à terre pour que l'intérêt de l'ensemble des fils et filles de la patrie soit préservé. Il importe donc de dépasser les égoïsmes, d'utiliser des messages fédérateurs, de "penser et d'agir simplement en Guinéen" et non pas en Malinké, Soussou, Peul, CNDD, UFG, UFR, etc.

Liens Pertinents

Les négociations interguinéennes de Ouagadougou sont prévues pour durer quatre jours. Elles dureront plus longtemps, c'est certain. Elles se poursuivront ici et sans doute ailleurs et nul ne peut prédire le temps qu'elles prendront. La rapidité avec laquelle le pays sortira de cette crise sera tributaire des concessions que les uns et les autres feront. Dans tous les cas, il revient au médiateur, Blaise Compaoré, de savoir prendre en compte les doléances qui seront exposées, d'en faire un dosage subtile afin que le produit fini soit digeste pour tous. Réussira-t-il cette alchimie ? En tout état de cause, il appartient aux Guinéens de savoir s'ils se décident enfin à rompre avec le cycle infernal dans lequel est enfermé leur pays depuis les Indépendances.

Be the first to Write a Comment!

Plus de titres sur allAfrica.com

Copyright © 2009 Le Pays. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com).

AllAfrica collecte et indexe du contenu provenant de plus de 125 organes de presse d'Afrique ainsi que de plus de 200 autres sources d'informations et de nouvelles. Les pourvoyeurs d'informations de AllAfrica gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica.

AllAfrica - All the Time

SELECT
SELECT

Le top des actualités: Guinée

Rubriques