Agence de Presse Sénégalaise (Dakar)
3 Novembre 2009
Tambacounda — Quelque 30 femmes dont 10 relais ont entamé mardi à Tambacounda, et ce pour trois jours, une session de formation aux techniques d'intervention de lutte contre l'excision et les violences faites aux enfants.
Organisée par le réseau des femmes "Cesiri" et financée par l'ONG hollandaise Kinderpostgegels, cette session de formation vise d'ici fin janvier 2010 à contribuer à la réduction de l'excision et au respect des droits des enfants dans les zones ciblées, notamment les quartiers périphériques de la commune.
Le projet, dont le terme a été fixé à janvier prochain, pourrait être prolongé au-delà de janvier, selon les responsables.
"Des causeries, des visites à domicile et une mobilisation sociale sont aussi prévues dans le même sillage dans les quartiers périphériques de la commune, pour amener la population à changer de comportement, à diminuer cette pratique", a indiqué Oumy Ngom, présidente du réseau des femmes "Cesiri" (se ceindre les reins en bambara).
La présidente de "Cesiri" a relevé l'excision a des "conséquences néfastes à long terme pour les enfants surtout qui ont atteint l'âge de procréer (...). Ces conséquences sont les fistules, les déchirures au moment de l'accouchement et ça c'est un droit bafoué des enfants".
"Nous avons ciblé les régions de Kédougou et Tambacounda parce qu'elles sont peuplées d'ethnies qui sont en train de pratiquer ces mutilations génitales féminines qu'on appelle encore l'excision", a pour sa part indiqué Oulèye Dème, coordinatrice du projet.
Elle a évoqué la ratification par le Sénégal de la convention des droits de l'enfant, de la charte des droits et du bien-être de l'enfant. Avec l'avènement , depuis 1999, de la loi qui interdit l'excision , le pays adhère "sans réserve" à la lutte contre cette pratique, a-t-elle ajouté.
Selon elle, les femmes de Kédougou et Tambacounda qui pratiquent encore l'excision "devraient être informées, sensibilisées pour qu'elles puissent savoir en quoi cela viole les droits de l'enfant".
Elles doivent savoir "en quoi cela viole le développement, l'épanouissement de ces filles et pouvoir l'abandonner de leur propre gré (...) comprendre que cela viole les droits de leurs enfants, cela n'a aucun intérêt pour cet enfant et que cela est contraire aux lois de notre pays", a-t-elle ajouté.
Le maire Amadou Woury Bâ, en ouvrant cet atelier de formation, s'est réjoui des actions menées par le réseau "Cesiri" dans le cadre de la promotion des femmes de la commune.
M. Bâ a souligné, pour la saluer, l'implication des populations des quartiers périphériques dans ce programme, ce qui va leur permettre de cerner les conséquences liées à l'excision, aux droits des enfants et à la santé de la reproduction.
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