Le Potentiel (Kinshasa)
Donatien Ngandu Mupompa
4 Novembre 2009
Kinshasa — Top d'irrégularités auraient été commises dans l'affaire qui oppose le ministère public aux prévenus Eric Kikunda, Firmin Yangambi Libote, Ben Olangi et le colonel Elia Lokundo. C'est la défense qui l'a affirmé devant la Cour militaire.
A l'audience du mercredi 28 octobre 2009 devant la Cour militaire de Kinshasa/Gombe, parmi les avocats qui sont intervenus dans l'affaire de quatre personnes poursuivis pour participation à un mouvement insurrectionnel, il y a eu aussi Me Jules Kalenga.
Réagissant aux propos de l'organe de la loi qui l'a traité d'avocat froussard pour avoir eu peur de se rendre aux services spéciaux de la police installés à Kin-Mazière, il a d'emblée dit aux juges militaires que ce procès se veut équitable, du fait que nous sommes tous égaux. Pour lui donc, le ministère public n'a pas d'injonctions à donner à la défense. En effet, il a trouvé qu'au lieu de combattre à armes égales, le premier avocat général, le général Munkutu, utilise l'intimidation.
Après avoir reconnu que c'est lui qui était allé voir le général Munkutu pour cette affaire, il a affirmé que Kin-Mazière est une véritable entreprise de torture. Raison pour laquelle il avait demandé au ministère public de le faire accompagner d'un magistrat militaire. Mais arrivé à Kin-Mazière, a-t-il dit, on lui a signifié que les prévenus ont été transférés à l'Auditorat général. Et lui de demander : « Pourquoi le général Munkutu ne m'a-t-il pas appelé, lui qui dit que j'ai été froussard devant les officiers de police judiciaire ».
Dans sa réplique, cet avocat a déclaré à la Cour militaire que l'un des prévenus, Me Firmin Yangambi Libote, est non seulement membre du Conseil de l'ordre, mais aussi avocat à la Cour pénale internationale (CPI). D'où sa question que voici : « Comment l'officier du ministère public de Kisangani doit-il transférer Me Firmin chez un officier de police judiciaire de Kinshasa ». Indigné, Me Kalenga a ainsi conclu : « On commet des erreurs pour emmener des gens en prison, afin qu'ils soient condamnés sur base des actes commis en rébellion de la loi ».
Pour sa part, le bâtonnier Jean-Joseph Mukendi wa Mulumba a dit aux juges que le problème des procès-verbaux est une question préjudicielle. Selon lui, on ne peut pas passer au fond sans connaître la validité des procès-verbaux. Cet avocat a terminé en ces termes : « Sur base de ces procès-verbaux-là, le fond sera totalement vicié ».
En guise de réaction, le ministère public a insisté sur la gravité des faits. Il a affirmé que le dossier Yangambi a des ramifications, et les faits graves mis à sa charge sont susceptibles de la peine de mort. L'organe de la loi a ajouté ceci à l'intention des avocats : « Vous aurez à défendre d'autres gens ». Et cela, avant d'ajouter qu'il poursuit les prévenus, non seulement pour la détention d'armes de guerre, mais aussi pour avoir tenté une insurrection.
De son côté, Me Nswal Nten-a-Bol a fait voir à la Cour que le cas de Me Firmin Yangambi a été médiatisé et entravé. Il s'est contenté de demander : « Pourquoi inverser la règle selon laquelle "La liberté est la règle, et la détention l'exception" ? ».
Revenant sur la présomption d'innocence, Me Peter Ngomo a rappelé à la Cour que des gens ont été présentés à la télévision comme des bandits de grand chemin. Pourtant, Eric Kikunda est un universitaire, Me Yangambi est avocat à la CPI, Ben est près à accrocher sa licence. Et lui d'ajouter : « Quel crédit accorder aux procès-verbaux obtenus dans des conditions opaques ? ». Pour finir, il a affirmé qu'avant ce procès, leurs clients étaient dans l'insécurité totale.
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