L'Express de Madagascar (Antananarivo)

Madagascar:Début laborieux des négociations

Sylvain Ranjalahy Et Iloniaina Alain

4 Novembre 2009


Sitôt la cérémonie d'ouverture terminée, Marc Ravalomanana a quitté la salle de réunion, hier. Il exige la présence de l'ancien président mozambicain Joaquim Chissano avant de continuer les négociations.

Hiervers15 heures,les quatre chefs de mouvance sont arrivés un à un au centre de conférencede l'Union africaine d' Addis Abeba. Albert Zafy débarque en premier, suivi de Andry Rajoelina. PuisRavalomanana, toujours aussi alerte dans sa démarche. Et enfin, Didier Ratsiraka, tenu par sa fille Annick et son beau frère. Il est le seul à prendre l'ascenseur pour monter au deuxième étage où a lieu la réunion. La cérémonie d'ouverture commence à 16h15, heures d'Addis-Abeba et d'Antananarivo.

Après l'hymne de l'Union africaine, charcutée par la bande son, les Malgaches, avec Ratsiraka comme chef d'orchestre, entonnent en choeur Ry Tanindrazanay malala. Le président de la commissionde l'Union africaine, Jean Ping a ensuite lancé un nouvel appel solennel aux chefs des quatre mouvances, de faire un effort dans l'intérêt de Madagascar. «Maintenant, vous avez ici, l'opportunité de faire de cette rencontre cruciale, un temps fort pour l'organisation d'une transition équitable, efficace et prometteuse», a-t-il souligné. Le responsable gabonais de l'UA est allé plus loin pour insister sur l'importance de la réunion. «La responsabilité des uns etdes autres, devant l'histoire, est engagée, et aucune considération particulière, aussi légitime fût-elle, ne saurait valoir devant la primauté indiscutable de l'intérêt général».

Jean Ping a clarifié les objectifs de la réunion. «L'heure est à la mise en place effective des institutions de la transition et à leur opérationnalisation, afin que la transition devienne une réalité et que la route pour les élections législatives et présidentielle soit dégagée de tout obstacle». Il a osé espérer une issue heureuse aux négociations au plus tard au soir du 5 novembre.

Prenant la parole au nom des quatre mouvances, le doyen des chefs de file, Albert Zafy a aussi souligné la nécessité absolue de trouver une solution à la crise. «Le peuple est à bout, après sept mois de crise. Il faut en finir car la situation se dégrade d'un jour à l'autre», a-t-il lancé. L'ancien président n'a pas été tendre vis-à-vis des politiciens. «Il fautdire que nous, politiciens, sommes tous responsables de cette situation. L'opinion nous reproche d'être trop pris par les querelles politiques. Les politiciens n'ont plus bonne presse. Il faut que cette réunion soit la dernière. Je n'ose pas imaginer un Addis-Abeba 2 ou 3», a-t-il souhaité.

Séance à huis clos

La réunion a été suspendue après une séance à huis-clos avec les quatre chefs de file. Marc Ravalomanana a été le premier à en sortir. «Comme Jean Ping devrait partir demain et que Joaquim Chissano n'arrive que ce soir (hier soir),il vaudrait mieux attendre son arrivée pour entamer les vraies négociations», devait souligner son porte-parole, Guy Rivo Randrianarisoa. Ravalomanana n'a pas voulu assister au cocktail préparé pour les quatre chefs de file au grand dam de Tiebilé Dramé, émissaire des Nations Unies, qui comptait sur une mise en condition. Didier Ratsiraka proposait alors qu'on reprenne la réuniondanslasoirée. «L'intérêt de Madagascar le mérite», a-t-il précisé.

La réunion a ainsi repris à22h30 entre les médiateurs et les quatre chefs de mouvance exclusivement. La répartition des sièges au sein du gouvernement de transition serait le principal ordre du jour, mais la mouvance Ravalomanana compte remettre sur le tapis la présidence de la Transition. «Nous avons déjà fait une concession en décidant de ne pas participer à la Transition, pourquoi la mouvance Rajoelina n'en fait pas autant», demande Mamy Rakotoarivelo, faisant allusion à la neutralité de la transition.

Didier Ratsiraka quant à lui, a réitéré qu'il ne briguait aucun poste, mais que l'important était de trouver une solution à la crise. La mouvance Rajoelina met les débats sur trois points, en l'occurrence le caractère inviolable de la Charte de Maputo, le respect de la charte des valeurs, et le plein respect des accords du 6 octobre.

Joaquim Chissano a indiqué qu'«il existe des avancées». Mais il n'a pas non plus caché l'existence d'obstacles, sans les citer. «S'iln'y avait plus d'obstacles, tout le monde serait déjà rentré à Antananarivo», a-t-il commenté. La réunion reprend ce jour. Outre les tractations informelles, d'autres séances à huis clos sont prévues au cours d'une journée marathon.

Rendez-vous manqué

Madagascar:Négociations

Les manifestants du Magro ont vainement attendu l'intervention téléphonique de Marc Ravalomanana, hier. Selon, l'ancien député Zafilahy Stanislas, «le président Ravalomanana était en pleine réunion» et ne pouvait pas quitter celle-ci pour entrer en contact avec ses partisans à Antananarivo. Malgré ce rendez-vous manqué, l'ancien président du groupe parlementaire Tim à l'Assemblée nationale a toutefois exhorté manifestants à toujours venir sur «la Place de la légalité» jusqu'à la fin des négociations afin de manifester leur soutien à leur leader.

Be the first to Write a Comment!

Plus de titres sur allAfrica.com

Copyright © 2009 L'Express de Madagascar. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com).

AllAfrica collecte et indexe du contenu provenant de plus de 125 organes de presse d'Afrique ainsi que de plus de 200 autres sources d'informations et de nouvelles. Les pourvoyeurs d'informations de AllAfrica gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica.

AllAfrica - All the Time

SELECT
SELECT

Le top des actualités: Madagascar

Rubriques