Hortense ZIDA
4 Novembre 2009
Deux jours pour soumettre des propositions concrètes au facilitateur, telle est la conclusion à laquelle est parvenue la première matinée de pourparler entre Blaise Compaoré et les forces vives guinéennes. Les travaux ont été ouverts mardi matin au palais de Kosyam.
Il est 11 heures environ lorsque la vingtaine de leaders politiques et sociaux sélectionnés pour parler au nom de tous, prennent place dans la salle polyvalente du palais de Kosyam. Le président Blaise Compaoré ne tardera pas à arriver sur les lieux et à prendre place au présidium. On distingue aux côtés du facilitateur : Saïd Djinit, représentant du secrétaire général de l'Organisation des Nations unies, le ministre d'Etat, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération régionale, Alain Yoda, Minata Samaté, ministre délégué chargé de la Coopération régionale, le secrétaire général du ministère des Droits humains.
De part et d'autre du dispositif sphérique, les représentants de l'opposition à Moussa Dadis Camara sont installés. Leur nombre tranche d'avec la forte délégation des forces vives qui ont déferlé sur Ouagadougou. Selon les explications, Blaise Compaoré a souhaité n'avoir en face de lui qu'une représentation allégée.
D'ailleurs, une autre décantation allait suivre au bout d'une heure de conciliabule. Il était midi environ quand, en effet, la porte coulissante s'ouvre pour laisser sortir des représentants, probablement jugés non indispensables au déroulement des échanges. Seulement 12 leaders resteront dans la salle. Selon des observateurs présents sur les lieux, chacun d'eux doit sa présence dans le cercle restreint à une quotité assez représentative en matière de mobilisation sociale et à sa légitimité pour porter la voix de tous.
Sont de ce cercle : Alpa Condé, président du RPG, Jean Marie Doré, président de l'UPG, porte-parole du forum des forces vives, Sidya Touré, président de la convention des force vives, Cellou Dalein Diallo de l'UFDG, François Fall, Mamadou Badiko Bah, Rabiatou Sérah Diallo, secrétaire générale de la CNTG,
Au bout d'une heure environ d'échange, des représentants des forces vives quittent la salle, pour alléger la délégation.
Ibrahima Fofana secrétaire général de l'USTG-CSI, Sékou Konaté, Mariam Sy, représentante du CNOSCG, Yamoudou Touré, représentant de l'ONSG, Abé Sylla, président du NGR. De leurs échanges avec le chef de l'Etat, les représentants des forces vives n'ont rien voulu dire, renvoyant les journalistes à la déclaration faite par le facilitateur.
De certaines déclarations faites auparavent, on retient que le président du Faso a surtout exhorté les représentants des forces vives à oeuvrer pour l'instauration du dialogue, seule voie pour parvenir à la paix. De leur côté, les forces vives ont surtout insisté sur des questions dont la résolution est estimée prioritaire et importante.
" Ce sont des questions d'ordre humanitaire et sécuritaire, car nous avons en Guinée des blessés qui ont besoin d'être soignés, des corps que leurs familles n'ont pas retrouvés, des personnes qui ont besoin d'être évacuées à l'étranger, compte tenu de leur état de santé. L'insécurité a pris des proportions catastrophiques dans notre pays. La situation de crise a favorisé l'émergence d'une criminalité ciblée et les leaders politiques et sociaux ne se sentent pas en sécurité. Or on ne peut pas être dans des conditions mentales et intellectuelles pour pouvoir discuter de transition quand on a une épée de Damoclès qui pend sur votre tête. La question de la sécurité ne peut pas attendre " indiquera Aboubacar Keyta, responsable de la communication des forces vives. Les travaux avec le facilitateur se poursuivent ce jour au palais de Kosyam.
Propos du facilitateur
C'est aux environs de 15 heures que tous ont quitté la salle des entretiens. A sa sortie, le président Blaise Compaoré a fait un bref compte rendu de ses échanges dont voici l'intégralité : "Ce matin il s'est agi surtout pour le médiateur d'écouter les forces vives pour faire une évaluation de la situation en Guinée.
Je fais le constat, à leur écoute, que la situation reste préoccupante sur bien des plans : politique, économique, sécuritaire, respect des droits humains et qu'il faut réellement s'engager pour une solution rapide de sortie de crise en Guinée. De mon côté, j'ai présenté une démarche pour les travaux qui vont commencer d'ici demain, en leur demandant d'abord de me fixer leurs idées sur de grandes questions centrales pour la sortie de crise, notamment leurs points de vue définitif sur les nouvelles autorités de transition préconisée par les chefs d'Etat de la CEDEAO et de l'Union africaine, sur un chronogramme de processus électoral, sur les conditions d'éligibilité qui sont aussi des questions en discussion actuellement. Cela va me permettre, avec les avis que je vais prendre du côté du CNDD de pouvoir faire une synthèse et de présenter un accord à discuter entre les deux parties. C'est à partir de demain que nous allons pouvoir fixer un calendrier. "
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