Frédéric Ouedraogo
4 Novembre 2009
"Contribution de l'irrigation à la sécurisation alimentaire et nutritionnelle dans un contexte de crise ". C'est sous ce thème que le ministre délégué auprès du ministre de l'Agriculture, de l'Hydraulique et des Ressources halieutiques, Abdoulaye Combary, a officiellement lancé, le vendredi 30 octobre dernier à Lémourdougou, sur les rives du fleuve Comoé, au Nord de la commune de Banfora, la campagne agricole de saison sèche 2009-2010. Ce sont 40 000 tonnes de céréales qui sont attendues dans les bas-fonds irrigués sans compter les autres spéculations.
Pendant longtemps tributaire des caprices pluviométriques, l'agriculture burkinabè est en train de trouver son chemin, à travers la culture de saison sèche qui constitue une activité d'appoint non négligeable dans l'atteinte de l'autosuffisance alimentaire. "L'option du gouvernement pour la promotion de la production de saison sèche s'impose en nous pour, non seulement amoindrir la vulnérabilité climatique, mais aussi assurer aux populations des revenus supplémentaires nécessaires à la sécurité alimentaire et nutritionnelle ", a expliqué le ministre délégué Abdoulaye Combary. Aussi, les résultats de la campagne écoulée présentés la veille du lancement de la campagne sont éloquents. Ils révèlent en effet, 45 235 tonnes de céréales, fruits et légumes et 3 698 tonnes de semences produites sur les sites irrigués en 2008-2009.
Cette campagne, le département en charge de l'Agriculture a monté la barre avec en prévision, 39 127 tonnes rien que pour les céréales. Pour ce qui est des autres spéculations, il ambitionne de procurer plus de 3 000 tonnes de niébé, haricot vert et arachide, 91 000 tonnes de tubercules, 635 000 tonnes de divers produits maraîchers et 87 000 tonnes de fruits et légumes. Pour l'atteinte de ces objectifs, le gouvernement, en dépit du contexte économique difficile, a indiqué le ministre Combary, ne ménagera aucun effort pour consolider sa politique de soutien au monde rural. Outre la réalisation de 4 barrages, 390 puits maraîchers et l'aménagement de périmètres irrigués et de bas-fonds sur environ 5 500 hectares, le gouvernement s'engage à mettre à la disposition des producteurs 500 tonnes de semences améliorées et 4 000 tonnes de NPK et d'urée dans les mêmes conditions d'acquisition que celle de la campagne humide. Abdoulaye Combary a surtout exhorté les producteurs à entreprendre très tôt leurs activités sur les sites afin de profiter au mieux, non seulement des retenues d'eau tarissables, mais également d'" assurer dans celles qui sont plus pérennes, une double production", soulignant au passage le niveau actuel satisfaisant de remplissage des retenues d'eau propice à une production importante.
Lémourdougou, un site symbole
Situé à 5 kilomètres au Nord de la commune de Banfora, la plaine agricole de Lémourdougou, fait des exploits tant au plan des rendements que des retombées économiques. Il constitue, selon le ministre délégué, un exemple en matière de développement de l'irrigation, d'intensification et de diversification. En effet, sur un potentiel de 100 ha, les superficies emblavées sont passées de 4 ha à 75 ha entre 2005 et 2009, grâce à l'appui du Projet d'appui au développement local dans les provinces de la Comoé, de la Léréba et du Kénédougou (PADL/CLK). Ce site exploité par deux groupements composés de 50 hommes et de 66 femmes, a bénéficié de 15 motopompes de 100 m3, de PVC et d'intrants agricoles. L'oignon constitue la principale production et donne 25 tonnes/ha. Selon le coordonnateur du PADL/CLK, Dominique Djankouma, 2 à 3 conteneurs sortent de ce site chaque semaine à destination de la Côte d'Ivoire et peuvent générer entre 70 et 80 millions de FCFA. Ce qui a fait dire à un jeune producteur qu'ils "n'ont plus besoin d'aller chercher le bonheur en Côte d'Ivoire ou dans les centres urbains parce qu'ils l'ont chez eux". Même les fils du terroir qui avaient émigré dans les grands centres reviennent désormais pour s'adonner à la production agricole.
Avec le fruit de la vente des produits de la culture de contre-saison, beaucoup ont amélioré leur quotidien, se sont acheté des engins roulants et ont bâti des maisons en dur. Toute chose qui a amené le représentant des Chambres d'agriculture, Antoine Sombié, à saluer les initiatives déployées par le gouvernement pour l'organisation des différentes filières, citant au passage la loi 034 portant régime foncier en milieu rural. En marge du lancement de la campagne, le ministère de l'Agriculture, de l'Hydraulique et des Ressources halieutiques a remis 50 kg d'engrais et 50 kg de semences de maïs aux producteurs de la région des Cascades, du Centre-Sud et du Plateau central. Le PADL/CLC a aussi emboité le pas en mettant à la disposition des producteurs de la Comoé, la Léraba et du Kénédougou, 5 motopompes, 15 charrues et 1,5 tonne d'engrais. Il a également offert des mobiliers de bureau aux communes de sa zone d'intervention. Avant de donner l'acte de lancement de la campagne, le ministre Combary a incité les producteurs à l'utilisation de la fumure organique et au suivi de l'itinéraire technique sur les sites d'exploitation agricole.
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