La Presse (Tunis)

Tunisie: Investissement immatériel dans le secteur du tourisme - Cap sur la qualité

Saïd Ben Kraiem

4 Novembre 2009


La promotion de l'investissement immatériel dans le programme de mise à niveau des établissements hôteliers (PMNH), a fait l'objet d'un débat, hier à Gammarth, dans le cadre d'un séminaire organisé par le ministère du Tourisme et l'Agence française de développement (AFD).

Ce programme vise l'amélioration de l'offre existante, la diversification des produits touristiques et le renforcement de la rentabilité des investissements touristiques. La mise en oeuvre de ce programme a déjà été entamée par un programme pilote qui a concerné 45 unités hôtelières.

Il s'agit également du lancement de la campagne de sensibilisation aux actions immatérielles prioritaires (A.I.P) du programme de mise à niveau. Ces actions s'articulent autour de trois axes stratégiques:plan de qualité, celui du développement du dispositif organisationnel et des ressources humaines ainsi que du développement de la fonction marketing et de la promotion de la communication.

Les avantages financiers de l'A.I.P consistent en une prime dans la limite de 50% du coût des investissements immatériels prioritaires dont le plafond est fixé à 50 mille dinars par hôtel.

M. Khélil Lajimi, ministre du Tourisme, a, à cette occasion, mis en exergue l'importance du programme de mise à niveau en matière d'amélioration non seulement de la qualité des services hôteliers mais aussi pour l'ensemble du secteur qui est appelé à davantage de rentabilité. Pour ce faire, ajoute le ministre, l'investissement dans l'immatériel ainsi que dans la formation des ressources humaines est désormais inéluctable. Il a appelé toutes les unités hôtelières à adhérer à ce programme.

Le ministre a souligné la nécessité de favoriser un partenariat entre les différents intervenants du secteur afin de concrétiser les objectifs du programme présidentiel "Ensemble, relevons les défis". Ces objectifs sont notamment la réalisation d'un rendement plus élevé du secteur et l'accueil de dix millions de touristes au terme du prochain quinquennat.

Le directeur de l'Agence française de développement a indiqué, de son côté, que son institution est un partenaire privilégié du secteur touristique tunisien. Il a rappelé que l'AFD a mis à la disposition des professionnels de l'hôtellerie une ligne de crédit de 50 millions d'euros. Opérationnelle depuis janvier 2008, cette ligne de crédit est destinée au financement du plan de mise à niveau de l'hôtellerie.

Mettre à niveau le produit touristique

L'importance du secteur touristique dans l'ensemble des activités économiques n'est pas à démontrer. Le tourisme contribue à hauteur de 6% au PIB. Les investissements touristiques ont représenté au cours de la dernière décennie 5,4% du total des investissements.

Ce secteur génère, également, plus de 10% des entrées en devises du total des exportations. Le secteur couvre 65% du déficit de la balance commerciale et offre 400.000 emplois directs et indirects.

Cependant, le secteur touristique souffre de plusieurs problèmes, dont notamment le vieillissement d'un parc hôtelier en majorité datant de plus de vingt ans, l'incapacité de certains hôteliers d'honorer leurs engagements financiers

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C'est ainsi que le PMNH a vu le jour dans le but de mettre à niveau le produit touristique afin qu'il puisse retrouver sa place sur des marchés internationaux de plus en plus exigeants. Pour accompagner les hôteliers dans leur effort d'amélioration de la qualité de leur produit, le comité de pilotage du PMNH a déployé des efforts considérables en matière d'application du programme de mise à niveau. Or l'application de ce programme est tributaire notamment d'une conviction de la part des hôteliers eux-mêmes de l'importance de la notion de la qualité des services qu'ils proposent.

Cette qualité passe, entres autres, par davantage d'investissements dans l'immatériel. Les nouvelles normes de classement des hôtels accordent une place de choix à ce genre d'investissement. Répondre aux normes des standards internationaux ainsi qu'aux attentes des clients, tel est le maître-mot pour faire face à une concurrence de plus en plus rude.

Selon M. Mohamed Belajouza, président de la Fédération tunisienne de l'hôtellerie, "le marbre, la moquette et les dorures ne suffisent pas. La qualité passe nécessairement par l'humain, donc par la formation initiale et la formation continue".

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