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Chronique internationale - Rama Yade, " victime " de sa popularité

Héribert-Label ADJOVI

4 Novembre 2009


" Quand on n'est pas d'accord avec la politique menée par le gouvernement, c'est simple. Où on ferme sa gueule, ou on démissionne ". Paroles de Nadine Morano, secrétaire d'Etat français à la Famille. Sa manière à elle de dire, sur Canal + dimanche, qu'elle n'a pas apprécié que sa collègue des Sports, Rama Yade, benjamine du gouvernement Sarkozy, passée " Maître " dans les déclarations fracassantes, déroge à la solidarité gouvernementale. Et la question logique. Qu'a donc fait la très révolutionnaire Rama Yade pour mériter un tel " savonnage " ?

Eh bien, son " péché " a été de ne pas apporter sa " caution " à un amendement parlementaire visant à supprimer le droit d'image collectif. Encore appelé DIC. En France. Une disposition légale qui accordait, jusque-là, des avantages fiscaux à des sportifs de haut niveau. Vous diriez qu'elle est dans son droit de défendre " ses " sportifs !? Peut-être ! Apparemment pas après que, Roselyne Bachelot, ministre de la Santé et des Sports et Eric Woerth, le détenteur du portefeuille du Budget, se sont prononcés en faveur du texte à polémique. Texte déjà voté par ailleurs par les députés. Une " indiscipline " gouvernementale que personne ne veut laisser passer à l'UMP. A la suite de Nadine Morano, le ministre du Budget, Eric Woerth pour ne pas le réciter, n'a pas manqué de lancer des flèches en direction de la franco-sénégalaise lundi sur RTL. En insistant sur son incompétence supposée à donner un jugement de valeur sur une telle question. Même son de cloche de la part du porte-parole de l'UMP, Frédéric Lefebvre, qui a fustigé lundi sur Canal +, l'attitude de Rama Yade. Et au premier ministre, François Fillon, tel un " censeur ", de trancher mardi. " La secrétaire d'État chargée des Sports a manqué à la solidarité gouvernementale. Je le lui ai dit. Il faut en tirer les conséquences. "

Sur le fond, Frédéric Lefebvre, lui, est pourtant sur la même longueur d'onde que la secrétaire aux Sports. " L'amendement sur la suppression du DIC, tel qu'il a été voté, n'est pas acceptable ". Il précise, je cite. " Je n'ai pas envie que tous les bons joueurs de la Ligue 1 partent à l'étranger. Je demande que sur la période d'application du texte, on ait un accord au niveau européen ". Et il n'est pas le seul responsable UMP à être de cet avis. Xavier Bertrand, secrétaire général de l'UMP, à la suite de Rama Yade, croit savoir qu'elle est " dangereuse " pour " la compétitivité du sport français ". Alors, pourquoi donc s'en prendre si violemment à Rama Yade ?

Au-delà de l' " indiscipline gouvernementale " dont on accuse la secrétaire d'Etat français aux Sports. On a bien l'impression que, tout cet acharnement, a quelque chose à voir avec de la jalousie. A seulement 32 ans, elle est déjà une icône nationale en France. Mais également une frondeuse. Habituée à dire " non ". Ce qui n'est pas de nature à plaire à tout le monde. A commencer par le président Nicolas Sarkozy. Qui n'a pas apprécié que la " jeune protégée " lui dise " non ". Pour le positionnement en Ãéle-de-France. Aux européennes de juin dernier. Un exemple parmi tant d'autres. Pas plus tard que le début de la semaine dernière, elle souhaitait se présenter dans les Hauts-de-Seine pour les régionales. Alors que l'UMP la " préfère " dans le Val d'Oise. Ces autres " exploits " ont fait le tour du monde. Elle pouvait dire, le lundi 10 décembre 2007, à l'occasion de l'arrivée en France du guide libyen, Mouammar Al Kadhafi. Que la France " n'est pas un paillasson, sur lequel un dirigeant, terroriste ou non, peut venir s'essuyer les pieds du sang de ses forfaits. La France ne doit pas recevoir ce baiser de la mort ". En octobre de la même année, en visite au Soudan, elle n'a pas manqué de crier. " Ça suffit les tam-tams ! Où sont les victimes ? ". Parce que les autorités de Khartoum rechignaient à lui permettre de rencontrer les victimes des inondations survenues en juillet 2007. " Nul n'est prophète chez soi ". Rama Yade a beau être une " star " de la politique française. Ses " amis " veulent désormais sa " peau ". A commencer par Nicolas Sarkozy et François Fillon. Peut-être pour empêcher qu'on ait en France, une surprise à la " Obama ".

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