Félicité Bahane N.
4 Novembre 2009
Nombre d'enfants perdus ou abandonnés sont conduits aux postes de police,de gendarmerie ou dans des hôpitaux qui les entretiennent comme ils peuvent.
«Nous n'avons aucun budget pour ce genre de situation. Donc, quand ça arrive, c'est chacun qui met la main à la poche pour nourrir l'enfant», raconte un gendarme de la brigade d'Efoulan à Yaoundé. Selon lui, il ne se passe pas une semaine sans qu'un enfant perdu ou abandonné ne soit conduit dans leurs services. Mais très souvent, il s'agit d'enfants perdus après les classes. « Si on reçoit un enfant en uniforme, on joint le chef d'établissement, ou on le ramène à son école. Mais lorsqu'il est en civil, on mène une enquête dans le voisinage et lorsque ça coince vraiment, on appelle les services sociaux », explique-t-il. Ici, Notre source explique qu'une fois, ils ont eu affaire à un trafiquant d'enfants, qui s'est fait passer pour le parent d'un garçon perdu. Pas plus de commentaire
Du côté de la brigade de gendarmerie de Mvog-Betsi, tout enfant abandonné est a priori conduit chez le chef du quartier, le temps de retrouver ses proches. Et c'est justement parce qu'il n'y a pas non plus de budget prévu pour la cause. Donc, après le chef du quartier, il revient aux services sociaux de prendre l'enfant en charge. Cette procédure semble la même dans presque tous les postes de police et de gendarmerie de la ville. Dans ces endroits, les déshérités passent les premières nuits aux côtés des brigadiers de garde, tout en partageant leur repas. « Les enfants perdus ou abandonnés sont de plus en plus nombreux et leurs premières prises en charge sont rentrées dans les devoirs des hommes en tenue », se plaint un officier de police. Heureusement, les affaires sociales finissent toujours par prendre le relais.
Côté centres hospitaliers, le phénomène est le même. A l'hôpital de district d'Efoulan, un médecin explique que le problème ne s'est encore jamais posé. Et tant mieux, selon lui. Car, l'hôpital n'est pas doté de service social. Au centre médical spécialisé des sapeurs-pompiers de Messa cette fois, le major raconte qu'il reçoit très souvent des enfants molestés ou séquestrés par un parent. « Après les visites sanitaires, ils sont envoyés à l'Etat-major des Sapeurs-pompiers, expressément doté d'un service social. » Dans les rangs, on cite aussi des nouveau-nés, abandonnés par des jeunes mères qui s'éclipsent après un accouchement.
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