Hugues Marcel Tchoua
4 Novembre 2009
Une date. Le 8 janvier 2008. Elle reste à jamais gravée dans la mémoire d’Etienne Nzono, le directeur de la fondation Famille chrétienne (Fact), sise au quartier Essos à Yaoundé. Vers 21h ce jour là, l’on trouvait abandonné, à l’entrée de la structure, un nourrisson vêtu d’un tee-shirt et d’une jupe jean. Un âge a été donné à l’enfant, huit mois, ainsi qu’un prénom, Dieudonnée. A presque deux ans aujourd’hui, la fillette, qui gambade déjà, attend toujours que l’Etat lui donne un véritable nom.
Comme Dieudonnée, la majorité des 47 pensionnaires de l’orphelinat sont des enfants abandonnés, les autres étant soit des orphelins, soit des enfants nés de parents handicapés ou encore victimes de diverses injustices sociales. Quoi qu’il en soit, lorsque l’abandon est constaté après la diffusion de communiqués radios, les enfants en détresse « sont placés dans notre centre par le ministère des Affaires sociales. Nos statuts prévoient que ces enfants aient au maximum 10 ans. Seulement, parfois, nous accueillons des plus âgés », indique Etienne Nzono. Il précise que la durée d’encadrement des enfants ainsi mis à leur charge est de quatre ans au cours desquels ils sont envoyés à l’école ou dans des centres de formation. Mais la vie n’est pas rose dans ces centres, selon la perception de certains enfants. Toujours selon le directeur de la fondation Fact, ils s’y sentent déracinés. En outre, pour beaucoup, les conditions de vie moyennes, les règles qui y prévalent et le mur d’enceinte sont équivalents aux barreaux d’une prison. D’où des fugues.
Par ailleurs, les enfants abandonnés peuvent être adoptés par des familles. La procédure ici n’échoit qu’au Minas et au ministère de la Justice, comme nous révèle Etienne Nzono. Rendus à la délégation régionale du Minas pour le Centre, le délégué n’a pas souhaité s’exprimer sur le sujet. Toutefois, nous avons appris de source sûre que le Minas s’efforce de réhabiliter ses centres d’accueil des jeunes à travers la République pour que la rue cesse d’être une solution pour les enfants abandonnés. Ces structures devraient servir à réduire, sinon supprimer, le phénomène des enfants de la rue si développé dans nos grandes villes.
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