Wal Fadjri (Dakar)

Sénégal: La communication politique, le ventre mou du régime de Wade

El Hadji Lamine Thiam

4 Novembre 2009


La communication est, sans aucun doute, le ventre mou du régime de Me Abdoulaye Wade. En effet, depuis son avènement en 2000 à la magistrature suprême, la question se pose de plus en plus avec acuité. Il faut d'ailleurs saluer les actions entreprises par le ministère de la Communication qui, depuis quelque temps, interpelle les spécialistes sur la communication gouvernementale.

Mais pour un militant simple, bon observateur de la vie politique, ce qui importe, c'est surtout la communication politique, celle du parti, qui inquiète plus d'un. Et le paradoxe se trouve dans le fait que les réalisations du président Wade, malgré les différentes crises que connaît le monde, sont tellement importantes qu'elles sont visibles à tout coin de rue et partout ailleurs au Sénégal des profondeurs. La véritable question est alors qui doit communiquer pour le parti et par quel canal ?

Le communicateur doit être une personne compétente, informée, expérimentée et qui possède l'art de communiquer. Il faut qu'il soit respectable, audible et persuasif. Dieu sait qu'il ne manque pas d'identités remarquables dans le parti, ayant l'intelligence et la maîtrise du verbe, capables de se distinguer par leur éloquence et de porter bien loin le discours et les réalisations du frère secrétaire général national. Faudrait aussi qu'elles aient le courage d'intervenir au moment opportun en allant vers la presse au lieu que celle-ci vienne vers elles. La réalité est que les Sénégalaises et les Sénégalais, de façon générale, sont de plus en plus impatients et s'intéressent à la chose politique. Pour cela, il y a lieu pour le Parti démocratique sénégalais de trouver de bons communicateurs qui puissent s'épanouir sur les plateaux de télévision et dans les studios de radio.

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Une autre réalité est que l'adversaire du Pds, comme l'ont souligné beaucoup d'observateurs, est le Pds lui-même qui, depuis presque dix ans, communique de plus en plus mal. Il est temps de prendre en charge cette question centrale en organisant, comme la Coordination nationale des cadres libéraux (Cncl), des rencontres régulières, ouvertes à des personnes ressources pour trouver ensemble des solutions à ce lancinant problème. Et pour éviter aussi le désordre et la cacophonie, le parti devra prendre toutes ses responsabilités en centralisant, en coordonnant et en régulant de façon efficiente les interventions dans la presse.

Par ailleurs, la langue de la communication doit convenir et s'adapter à son auditoire même s'il faut au besoin traduire clairement en langue nationale pour se faire comprendre et atteindre la cible. De toutes les façons, plus nous nous rapprocherons de l'an 2012, plus il sera important d'unir les coeurs, de bien communiquer pour qu'au soir des élections de cette année-là, la victoire du Parti démocratique sénégalais et de ses alliés soit éclatante.

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