Mamadou Papo Mane
4 Novembre 2009
Quinze ans de travaux forcés pour un braquage perpétré en 2005, c'est la peine que la Cour d'assises de Ziguinchor a prononcée contre un rebelle du Mfdc. Au moment des faits, le jeune rebelle Abdoulaye Coly n'avait que 19 ans.
Abdoulaye Coly avait, le 31 juillet 2005, braqué et emporté la moto d'une de ses victimes entre les villages de Fanda et d'Aniack. C'est d'ailleurs cet engin volé qui a été la cause des déboires de ce combattant du Mouvement des forces démocratiques de Casamance (Mfdc). Ce jour-là, Abdoulaye Coly, âgé alors de seulement 19 ans, et un de ses amis rebelles font irruption sur la route nationale numéro 6, sur l'axe Ziguinchor-Adéane. Après avoir fait deux prisonniers, la bande armée jettera son dévolu sur un homme à bord de sa moto. Pendant que son 'coéquipier' tenait en respect les deux prisonniers, Abdoulaye Coly intimait l'ordre à Joseph Mendy de le suivre dans les buissons. Sur place, il lui arrache sa moto. Faisant contre mauvaise fortune bon coeur, la victime retourne tranquillement à Ziguinchor, tout en prenant le soin d'informer la gendarmerie de sa mésaventure.
Un jour, contre toute attente, Joseph Mendy croise aux abords du marché Saint Maur un individu conduisant une moto qui présentait les mêmes caractéristiques que la sienne. Ce dernier sera appréhendé et conduit à la brigade de gendarmerie de Ziguinchor. Sur place, Paul Niouky déclare que l'engin lui a été remis par un certain Souleymane Diédhiou. Ce dernier qui lui avait remis 10 mille francs, lui a confié la mission de repeindre la moto.Interpellé à son tour, l'homme sera soumis à un interrogatoire. Seulement, il s'avérera au terme de l'enquête que les deux hommes ignoraient l'origine criminelle de l'engin. Mais, leurs témoignages permettront de mettre la main sur Abdoulaye Coly. Le jeune rebelle avouera devant les enquêteurs que la moto faisait partie du butin de son braquage du 31 juillet 2005.
A la barre, Abdoulaye Coly réaffirmera son appartenance au maquis du Mouvement des forces démocratiques de Casamance qu'il a intégré en 2002. Il a d'ailleurs soutenu que l'opération du 31 juillet 2005 entrait dans les missions que les confiaient ses chefs. Mais, sur l'identité de ces derniers, l'insistance de la cour n'a pas empêché l'accusé de rester muet.
Qu'à cela ne tienne. Mais, ses aveux sont d'autant plus suffisants comme preuves que l'avocat général ne trouvait pas pertinent d'accorder des circonstances atténuantes à Abdoulaye Coly. Pour le représentant du ministère public, l'accusé qui est certes un délinquant primaire, a commis un acte suffisant grave qui mérite les travaux forcés à perpétuité, car, il s'agit là de vol en réunion avec usage d'armes et association de malfaiteurs, faits punis par les articles 364, 366, 367 et 238 du code pénal.
Pour sa part, la défense a tenté de disqualifier les faits pour éviter la perpétuité à son client. Il s'est agi donc pour elle de prouver non seulement qu'il n'y avait pas d'association, mais surtout, que l'usage d'arme n'est pas avéré. Qui plus est, les conseils du jeune rebelle ont estimé que leur client, né au déclenchement du conflit casamançais en 1982, était victime de son environnement, de son âge, mais aussi, d'un endoctrinement qui l'ont poussé à rejoindre le maquis. Pour eux donc, l'occasion était là pour sauver ce garçon et le rendre à la société, en faisant valoir la clémence.
Après avoir entendu les deux parties, la cour qui a plutôt retenu le port d'arme à la place de l'usage d'arme, a finalement condamné Abdoulaye Coly à 15 ans de travaux forcés avec une contrainte par corps au maximum.
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