Agence de Presse Sénégalaise (Dakar)

Sénégal: Changement climatique - le PAP se dote d'un groupe de pression +++Envoyé spécial - Ousmane Ibrahima Dia+++

Ousmane Ibrahima Dia

4 Novembre 2009


Midrand — Les parlementaires panafricains, réunis mercredi à Midrand en Afrique du Sud, ont adopté à l'unanimité la résolution portant création au sein de leur institution d'un groupe de pression sur le changement climatique.

Ce groupe de pression "sera essentiellement chargé de la sensibilisation et de la mobilisation en vue de lutter contre les changements climatiques et les catastrophes y afférentes", selon la résolution.

L'objectif est de "faire comprendre au PAP et aux parlements nationaux, en tant que point focal, l'importance de la position commune de l'Union africaine sur le changement climatique, qui sera présentée à Copenhague, à la Conférence des parties".

Il s'agit aussi de "se concerter avec les autres points focaux sur les changements climatiques régionaux lors des forums régionaux et internationaux, faire partie de la délégation du PAP devant représenter les parlementaires africains à la Conférence de Paris".

Le groupe de pression fera partie de la délégation du Parlement panafricain devant représenter les panafricains à la Conférence de Copenhague et au-delà.

"L'Afrique est le continent qui pollue le moins, mais il en est le plus affecté, avec la pauvreté et le ralentissement de la croissance (...) Personne ne parlera à la place de l'Afrique", a estimé Fatima Hajaj qui a présenté la résolution à l'assemblée.

Elle a été appuyée par la député kenyane Rashel Shebesh, qui a insisté sur la nécessité d'une voix africaine lors des négociations internationales sur les questions de l'environnement.

"Il faut parler d'une même voix. C'est très important que la voix de l'Afrique se fasse entendre. Il y a des négociations qui s'étalent sur un an et il y a des risques si les Africains sont absents de ce type de discussions. Dans beaucoup d'initiatives, l'on manque d'une voix politique", a t-elle dit.

Mme Shebesh a d'ailleurs reçu à Midrand le prix du champion d'Afrique pour la réduction des risques de catastrophes, distinction honorifique décernée par la Stratégie internationale des Nations unies pour la réduction des risques climatiques dont le siège est à Genève.

Selon la député kenyane, "l'Afrique a les experts, les négociateurs, mais elle n'a pas la voix politique pour se faire entendre". Et Rashel Shebesh d'ajouter : "le plus important, ce sont les accords".

Le président du PAP, Idriss Ndélé Moussa, a plaidé pour une "symbiose" de vues entre les experts, les parlementaires, les ministres de l'Environnement les chefs d'Etat de l'Union africaine.

"Nous sommes à un tournant décisif, à quelques semaines du sommet de Copenhague (sur les changements climatques). L'Afrique a une position commue, claire et écrite. Mais notre faiblesse en tant que continent, c'est qu'entre nos experts, les ministres de l'Environnement, il n'y a pas de symbiose", a dit Idriss Ndélé.

Pour lui, "en tant que parlementaires, nous avons le devoir d'interpeller nos chefs d'Etat pour créer cette symbiose entre les négociateurs, les experts, les ministres (...)".

Evoquant la prochaine rencontre sur le climat à Copenhague, le Président du PAP a soutenu que "l'enjeu pour l'Afrique, c'est la survie ou la mort du protocole de Kyoto".

En matière de catastrophes liés au changement climatique, la Commission permanente de l'économie rurale, de l'agriculture, des ressources naturelles et de l'environnement du PAP a produit un rapport appelant, entre autres, à une "traduction en actions les efforts déployés jusqu'ici pour lutter contre les changements climatiques".

Le rapport qui était soumis à l'adoption des parlementaires demande aux dirigeants africains d'accorder la priorité au changement climatique dans leurs programmes nationaux et de rappeler le droit des pays africains à recevoir l'aide internationale nécessaire pour s'adapter à ces changements.

Le rapport recommande aussi le lancement de campagne de sensibilisation sur les causes et les effets et les mesures d'atténuation des changements climatiques et la création d'une banque de semences pour protéger les espèces naturelles qui ont une valeur traditionnelle, mais menacées actuellement d'extinction.

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