La Presse (Tunis)

Tunisie: Ouverture de «Tunis fait sa comédie» - Avec Couscous aux lardons, le mariage mixte à table

Adel Latrech

4 Novembre 2009


En ouverture de «Tunis fait sa comédie», dans sa deuxième édition, le public du Théâtre municipal avait rendez-vous lundi dernier sur les chemins de l'humour avec Couscous aux lardons, une comédie où l'insolite et l'absurde sont une forme d'esprit élaborée autour de ce qui nous rassemble les uns les autres : les faiblesses, les peurs, les illusions, les travers, mais aussi les tabous, les hypocrisies, les préjugés et les convenances sociales.

Trois troublions inclassables, singuliers et presque surréalistes ont apporté à cette comédie un grain de folie salvateur: Farid Omri en Rachid, Agnès Miguras en Marie-Sophie et l'auteur Nabil M'hamedi, un mélange d'Eugène Labiche, Georges Feydeau et Sacha Guitry.

Jusqu'ici, on a tous goûté au couscous accommodé à toutes les sauces et à toutes sortes de viandes, tripes (osbane), poisson, viande salée (qadid), poulet et perdrix. Mais là, c'est d'un couscous au hallouf, le lard coupé en petits morceaux.

Ce mélange détonant et insolite est une allégorie dotée d'attributs ou de clichés symboliques développant une métaphore autour des divergences fatalement liées au mariage mixte, au couple mal assorti culturellement et ethniquement. Déjà, quand on est fait dans le même moule atavique ou qu'on est sur la même longueur d'onde sur le plan provenance ou origine, l'équilibre conjugal n'est pas tout à fait évident; alors que dire lorsque les assises sont fragilisées par des différences civilisationnelles, confessionnelles et autres.

C'est à ce dilemme que sont confrontés les protagonistes de cette comédie désopilante, mijotée dans une «chakchouka-ratatouille» où la confrontation de deux cultures, l'européenne et la maghrébine, est abordée de façon truculente et inventive. Dans un discours qui s'attaque aux moeurs publiques, aux préjugés qui courent sur les coutumes arabes et les vices qui nous collent à la peau, le héros, dans un accent des cités périphériques et de la banlieue parisienne, et avec un débit inimitable, a fait rire à gorge déployée le public, donnant ainsi toute sa mesure. L'enseignement à tirer de cette pièce est, qu'avec du bon sens et de l'amour, on peut surmonter les différences, toutes les différences.

Liens Pertinents

A l'issue du spectacle, Farid Omri nous a livré à chaud ses impressions : «Je suis pleinement satisfait de notre prestation. A ce qu'on m'a dit et malgré le peu de publicité faite autour de la représentation de ce soir, le public a rempli la salle. Pour moi, c'est un triomphe!»

A propos de la comédie, il a ajouté : «C'est la première fois que je joue en Tunisie, ce pays que j'ai quitte en 1970, alors que je n'avais que trois ou quatre ans». Couscous aux lardons a rencontré un écho considérable tant en France qu'en Belgique ou en Suisse. Des bénéfices tirés, Férid Omri a pu réaliser un voeu qu'il a longtemps caressé : se payer enfin un théâtre de poche d'une contenance de 300 places.

Sa collaboration avec Nabil M'hamedi, né en France et originaire de Kasserine, lui a été bénéfique. Il est, en fait, à la base de cette «success story», devait déclarer l'acteur.

Be the first to Write a Comment!

Plus de titres sur allAfrica.com

Copyright © 2009 La Presse. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour tout commentaire ou demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.

AllAfrica collecte et indexe du contenu provenant de plus de 125 organes de presse d'Afrique ainsi que de plus de 200 autres sources d'informations et de nouvelles. Les pourvoyeurs d'informations de AllAfrica gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica.

AllAfrica - All the Time

SELECT
SELECT

Le top des actualités: Tunisie

Rubriques