Le Potentiel (Kinshasa)
Willy Kabwe
5 Novembre 2009
interview
Kinshasa — Deux questions continuent à brûler mes lèvres. La première : est-ce que les Congolais savent ce qu'ils veulent ? La deuxième : ont-ils conscience de ce qu'ils font ?
En fait d'interrogations, ce sont plutôt des inquiétudes. Combien partagent ces craintes ? Difficile à dire. Mais le décor planté est celui d'un flou artistique à nul autre pareil. Il n'y a que les adeptes de l'absurdité qui s'y plaisent parce qu'ils y voient clair comme jour.
Peut-on un jour parler du développement de l'ex-Congo belge ?
Oui et non. Oui, parce que çà et là des efforts sont fournis pour rendre praticables les infrastructures routières. Non, parce que cela n'est pas suffisant, le champ étant vaste et les moyens étant réduits d'une part. D'autre part, la volonté de développer le pays dans le chef de beaucoup de Congolais est difficile à établir.
C'est ce qui amène mon voisin de gauche à déduire que la plupart des Congolais veulent d'une chose et de son contraire à la fois. Il a tort ? Il a raison ? J'en sais fichtre rien du tout. Les faits cités en exemple sont apparemment anodins. Ils sont vécus au quotidien. Mais combien de Congolais en décortiquent le contenu ?
Le secteur minier ne cessera pas de si tôt de faire parler de lui. La décadence de la Gecamines, devenu un géant aux pieds d'argile. Le boom minier qui a suivi son morcellement. La revisitation des contrats miniers taxés d'être léonins.
Le temps coula et l'on crut le dossier clos. Mon oeil !
Au contraire, l'impression est qu'on a ouvert la boîte de pandore. Ne dit-on pas que celui qui a bu boira ? Wait and see.
Alors que les dossiers KMT et TFM ne sont pas encore réglés, un autre contrat vient d'être signé très récemment. Apparemment dans les mêmes conditions qui ont été brandies pour justifier la revisitation les précédents contrats miniers.
La Sud-africaine RandGold est entrée en joint-venture avec l'Office des mines d'or de Kilo-moto (Okimo). Valant 30 % dans l'actionnariat avec Kibali Goldmines, Okimo ne pèse que 10 % dans le nouveau contrat contre 90 % pour RandGold. Est-ce que les experts congolais ne se sont pas aperçus de ce nouveau déséquilibre ? Qu'est-ce qu'ils ont conseillé aux plénipotentiaires et signataires agissant au nom de la nation congolaise ? A quel jeu joue-t-on ? Y a-t-il toujours cas de force majeure?
Un adage populaire dit qu'à malin, malin et demie. Attendent-ils des récriminations des ONG pour faire la valoir la souveraineté ?
Chaque fois que quelque haut perché ouvre sa grande gueule c'est pour débiter des baragouins. Et cela précède un saut périlleux.
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