Le Soleil (Dakar)
Babacar S. Faye
5 Novembre 2009
Depuis bientôt deux saisons, on vit de souvenirs à l'écurie Fass, à l'image des nostalgiques témoins des années de lumière de cette structure dénommée "ONU" à ses débuts et qui est devenue une écurie en 1972.
Cette initiative porte la griffe du 1er « Tigre » de Fass, Mbaye Guèye, toujours fidèle au poste. Le jugement qu'il porte sur la défunte saison, sans aucune complaisance, renseigne sur son état d'esprit. Selon lui, les espoirs ont quelque peu sauvé la dernière saison de l'écurie Fass. A l'inverse, les ténors sur qui reposait l'espoir des inconditionnels pour un retour au premier plan de Fass, n'ont pas assuré.
Ainsi, en termes de bilan, l'écurie a enregistré 12 succès pour un passif lourd de 13 défaites : un goal différence de -1. Une contre-performance fortement médiatisée. Il ne pouvait en être autrement quand les « recalés » s'appellent Moustapha Guèye (défait successivement par Lac de Guiers 2 et Balla Gaye 2), Gris Bordeaux que Yékini a renvoyé à ses cours de technique de lutte, Balla Diouf incapable de se remettre en selle face à Issa Pouye. Sans oublier les revers de Zale Lô face à Boy à Kaïré et de Rock Mbalakh contre Tonnerre, même si ces deux derniers ont quitté le navire avec fracas avant la clôture de la saison.
Les rares satisfactions ont été le fait de Papa Sow qui marche inexorablement vers le sommet. Boy Sèye (Keur Massar Mbollo) et Bathie Séras (Guinaw Rail) qui ont voulu l'en empêcher en ont eu pour leurs frais. On peut en dire autant d'Abasse Wade dit Forza qui, sans forcer outre mesure son talent, a limité les ambitions de Modou Awa Tine, un des poulains de Boy Bambara. Bruce Lee a quelque peu terni sa belle saison (2 victoires en deux sorties) avec une "parenthèse judiciaire" dont il n'avait vraiment pas besoin....
Pour expliquer ces contre-performances, certains n'hésitent pas à avancer le manque de "patriotisme de quartier" des lutteurs dont pratiquement aucun n'habite plus les lieux. D'autres avancent l'inexistence de conditions de performances qui résulte d'un manque de rigueur et de régularité dans les séances d'entraînement. Sans oublier le climat de suspicion qui a fini de polluer l'atmosphère dans cette écurie et qui a débouché sur le divorce de Zale Lô et Rock Mbalakh avec l'écurie-mère.
Il y a même eu le "cas" Moussa Gningue, fidèle parmi les plus fidèles, et préposé à la gestion de l'environnement psychologique qui a brillé par son absence au plus fort de la tourmente, notamment lors du combat Gris Bordeaux-Yékini. La dernière tuile tombée sur la tête de l'écurie Fass, cette saison, est d'ordre administratif. Son capitaine et tête de file, Moustapha Guèye, atteint par la limite d'âge (45 ans), se retire de l'arène et cède le brassard à Gris Bordeaux qui fait déjà face à la première crise de son « règne » : la naissance de Fass Bennoo dont les membres fondateurs lui contestent sa légitimité en tant que 3e "Tigre" de Fass.
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