Le Soleil (Dakar)

Sénégal: Assises 2009 Ziguinchor - Elle avait étranglé sa fille de 12 ans avec un foulard - Huit ans de travaux forcés à Sounkarou Sabaly

Moussa Sadio

5 Novembre 2009


Parce que sa fille de 12 ans (son 4ème enfant qu'elle dit possédé par les mauvais esprits) la terrorisait et hantait son sommeil, Sounkarou Sabaly n'a trouvé mieux que de l'étrangler à l'aide de son foulard et de la jeter dans un puits abandonné de 20 mètres de profondeur.

Hier, à la barre de la cour d'Assises de Ziguinchor, elle a soutenu que son acte n'était pas prémédité. La défense a plaidé la disqualification de l'assassinat en meurtre. Elle a été suivie par la cour qui a finalement condamné la mise en cause à 8 ans de travaux forcés.

Tout au long de l'audience, l'Avocat général Mame Kor Ndour a rabâché que Sounkarou Sabaly avait prémédité son acte et voulait dissimuler son crime, en refusant à un moment donné de le divulguer. « C'est après avoir été pressée par les membres de sa communauté (le village de Mambounkou, dans l'arrondissement de Tanaff, département de Sédhiou) et les gendarmes enquêteurs qu'elle a avoué son crime et indiqué ou elle avait jeté le corps sans vie de sa victime ».

Celle-ci s'appelait Mariama Mballo. Selon le représentant du ministère public, sa mère l'aurait tuée par strangulation, avec son foulard. Et pour mieux asseoir la thèse de la préméditation, il a rappelé que Sounkarou Sabaly avait profité de ce que tout le village s'était rendu à des festivités de mariage pour accomplir son forfait et faire disparaître le corps « momentanément. » C'était le 1er juillet 2006, à 4 heures du matin. Il y a ajouté le « silence » de l'accusée qui, après son acte criminel, était revenue chez elle se coucher, sans en piper mot à qui ce soit, avant d'aller se réfugier dans un village de la Guinée-Bissau où elle a été découverte quelques jours plus tard.

Aussi, l'Avocat général a-t-il demandé l'inculpation de Sounkarou Sabaly « qui a reconnu les faits qui lui sont reprochés », en requérant contre elle un emprisonnement de 20 ans de travaux forcés pour « homicide volontaire, avec préméditation ».

Quant à Mes Mamadou Samb, Omar Diop et Térence Senghor, qui assuraient la défense de l'accusée, ils ont bâti leurs plaidoiries sur « nos » croyances africaines, expliquant avec forte conviction que la victime n'était pas une enfant normale.

« Jusqu'à 3 ans, cet enfant n'avait pas commencé à parler et ne savait pas marcher. Elle possédait des caractères qui n'étaient pas ceux d'une personne normale », ont-ils indiqué, en se référant aux déclarations de Sounkarou Sabaly selon qui, cette fille de 12 ans perturbait son sommeil, lui apparaissait dans des cauchemars, de manière régulière. A leur avis, l'accusée a été saisie par la panique, en commettant son acte répréhensible. « C'était à un moment de désespoir ».

La défense a poursuivi, en indiquant que l'accusée avait découvert le handicap de son enfant depuis que celle-ci avait 2 ans. « Mais jamais, elle n'avait éprouvé le besoin de mettre fin à ses jours, parce qu'elle était anormale. Au contraire, elle l'a chérissait comme ses 3 autres bouts de bois de Dieu ».

C'est ainsi que ses avocats ont sollicité la clémence de la cour pour permettre à leur cliente de retrouver ses 3 enfants, ainsi que son mari et partager avec eux la joie de vivre, estimant que Sounkarou Sabaly a commis un geste qu'elle regrettera toute sa vie. Ils ont ajouté que l'absence chez Sounkarou de sa famille, cette soirée du drame, ne saurait être un facteur déterminant de préméditation d'un meurtre. « Comme a voulu le faire croire le représentant du ministère public. Quant à l'heure (4 heures du matin), elle est le fait des gendarmes enquêteurs et qu'aucune déclaration des témoins, ni de l'accusée, au cours de l'instruction, n'est venue corroborer ».

Et la défense de demander la disqualification de l'assassinat en meurtre, estimant que « l'homicide volontaire commis par la mise en cause n'était pas prémédité ». La défense a été suivie par la cour qui a disqualifié les faits d'assassinat et condamné Sounkarou Sabaly à 8 ans de travaux forcés. Cette dernière, étant sous mandat de dépôt depuis le 6 juillet 2006, pourrait rester en prison 5 ans encore. Elle aura cinquante-huit ans.

Be the first to Write a Comment!

Plus de titres sur allAfrica.com

Copyright © 2009 Le Soleil. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour tout commentaire ou demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.

AllAfrica collecte et indexe du contenu provenant de plus de 125 organes de presse d'Afrique ainsi que de plus de 200 autres sources d'informations et de nouvelles. Les pourvoyeurs d'informations de AllAfrica gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica.

AllAfrica - All the Time

SELECT
SELECT

Le top des actualités: Sénégal

Rubriques