5 Novembre 2009
Kinshasa — Quatre-vingt-dix détenus se sont évadé parmi eux, certains sont morts par balles, plus de 90 évadés et plusieurs dossiers brûlés par les prisonniers : tel est le bilan de cette évasion spectaculaire qui s'est déroulée de la prison centrale de Kindu, le lundi 2 novembre 2009.
Selon la trentaine de prisonniers restés dans cette maison carcérale, le manque de nourriture et d'eau depuis trois jours serait à la base du mécontentement qui a entraîné cette évasion.
Le mouvement brusque des prisonniers, rapporte radio Okapi, a commencé après le repas de midi que ces détenus ont préparé eux-mêmes. Ils ont commencé à escalader les murs intérieurs avec des morceaux des briques et des pierres qu'ils ont ensuite lancées en direction de 6 gardes composées des policiers et des militaires. Selon un des prisonniers, la fuite s'est opérée vers deux grandes directions : dans l'arrière-cour de la prison et vers le couvent des Frères Maristes. C'est dans cette dernière direction qu'un policier a tiré sur deux fuyards qui ont été touchés et sont morts sur place. Selon un prisonnier parmi les rares civils restés, la discussion a commencé le matin. Ils ont réclamé à manger au directeur de la prison, qui a confirmé les faits. Celui -ci aurait promis une solution quand soudain il a vu une pluie de pierres tomber sur les gardes.
C'est dans la journée que le procureur a ordonné à l'autorité urbaine d'enterrer ceux qui étaient décédés.
Le manque d'eau, de nourriture et des soins médicaux seraient à la base de la révolte qui a entraîné l'évasion spectaculaire. La surpopulation, les mauvaises conditions de détention, la corruption et le délabrement des infrastructures carcérales en sont les causes principales d'évasions fréquentes en RDC.
Avant l'évasion, la prison de Kindu comptait 136 pensionnaires. Après cette fuite, elle n'en compte qu'une trentaine, en majorité, des hommes en uniforme. Cette nouvelle interpelle les autorités du pays, dont le ministre de la Justice qui ont été sensibilisées à plusieurs reprises, par les organisations des droits de l'homme. Ces derniers n'ont cessé de dénoncer les conditions carcérales lamentables dans les prisons du pays, mais la situation reste inchangée.
A rappeler que 4 soldats détenus à la prison militaire de Gbadolite, à l'Equateur, se sont fait la part belle le 29 août 2009. Selon le président du tribunal militaire de cette ville, Joseph Kadima, ces évasions sont justifiées par l'absence de militaires de garde.
Cinq jours après, l'auditeur militaire de garnison d'Isiro, en Province Orientale, le major Maurice Lianza, annonçait que 22 détenus militaires et policiers s'étaient évadés de la prison centrale d'Isiro, en moins de 4 mois. Selon le magistrat militaire, cette fuite massive aurait été facilitée par le directeur de la prison et son équipe de surveillants. Allégation rejetée par ces derniers.
ST.ET.
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