Louis-Paul Eyenga Sana
5 Novembre 2009
Kinshasa — Un calme précaire a régné mardi dernier à Dongo et dans les localités avoisinantes du Sud-Ubangi à l'Equateur où l'on a déploré des incidents avec morts d'hommes.
La progression des jeunes armés Enyele vers Kungu centre et d'autres localités de ce territoire, semble stoppée, rapporte radiookapi.net qui a précisé que le commissaire de district du Sud-Ubangi, Jean-Baptiste Lumbwe, a appelé les insurgés à la négociation.
« Le langage des armes doit céder la place à la négociation », souligné Jean-Baptiste Lumbwe. « De nombreux policiers stationnés à Gemena ne seront plus envoyés dans la localité de Dongo, toujours sous contrôle des insurgés, pour éviter une nouvelle tuerie », a-t-il précisé. Le commissaire de district du Sud-Ubangi a dépêché à Dongo une équipe de négociateurs composée essentiellement des notables de Kungu et de Dongo « pour rencontrer le féticheur Udjani, donné pour être le principal instigateur de cette insurrection et connaître les mobiles profonds de sa révolte contre les Boba ainsi que le pouvoir en place ».
Le commissaire de district du Sud-Ubangi s'est dit disposé à ouvrir les négociations avec les assaillants Enyele, même sur un terrain neutre pour que cesse définitivement le conflit entre les communautés Enyele et Monzaya. Les ressortissants de ces deux communautés se disputent depuis 1946 des étangs piscicoles poissonneux. Un conflit qui constitue le prétexte de l'insurrection actuelle.
Pour sa part, le gouverneur ad intérim de l'Equateur, Guy Inenge, a qualifié cette insurrection de « petite rébellion» en gestation qu'il faut mater. D'après lui, des dignitaires de la République basés à Kinshasa tirent les ficelles dans cette affaire. Interrogé par radiookapi.net sur une éventuelle implication des politiques dans cette insurrection, Jean-Baptiste Lumbwe a réfuté toute implication politique et militaire dans ce qu'il a lui aussi qualifié de rébellion des Enyele. Il ne reconnaît pas non plus un quelconque ralliement massif des démobilisés et autres ex-combattants dans ce conflit armé à Dongo.
Plus de 10.000 personnes ont quitté Dongo et ses environs depuis les affrontements de jeudi dernier et se sont dispersées dans les territoires de Kungu et de Libenge. Certains ont traversé le fleuve pour se réfugier en République du Congo.
Le commissaire de district du Sud-Ubangi a sollicité des autorités de Kinshasa et la communauté internationale une assistance humanitaire en faveur de ces déplacés.
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