Louis-Paul Eyenga Sana
5 Novembre 2009
Kinshasa — La Monuc, à travers son directeur de l'information publique, Kevin Kennedy, a réagi au rapport de Human Rights Watch sur les massacres des populations civiles commis par les FARDC et les FDLR entre mars et août 2009. Pour la Monuc, ces atrocités sont condamnables, rapporte radiookapi.net
La Monuc est d'accord avec le rapport de l'organisation internationale des droits de l'homme Human Rights Watch (HRW), a indiqué Kevin Kennedy qui a tenu à souligner l'importance du rôle de la Monuc sur le terrain dans le cadre des opérations militaires contre les FDLR. Ce rôle vise d'abord à protéger les civils des représailles des FDLR à les chasser des zones où elles sont repérées et qu'elles contrôlent depuis 15 ans. Un rôle dur, a lancé Kevin Kennedy. Et de poursuivre : «Ensuite, la Monuc essaie d'instaurer la discipline dans les rangs des FARDC avec leur commandement ». « Notre implication vise à aider le commandement des FARDC à renforcer le moral de bonnes troupes, et à identifier ceux qui font de mauvaises choses ou bien qui s'en prennent aux populations », a-t-il précisé.
Pour rappel, Human Rights Watch a publié lundi à New York un rapport sur les massacres des populations civiles, massacres attribués aussi bien aux FARDC qu'aux FDLR entre mars et août 2.009. A charge des FARDC, HRW parle d'au moins 505 civils tués dont au moins 270 dans les secteurs de Nyabiondo et de Pinga, au Nord-Kivu. Et cela, dans le cadre des opérations Kimia II. Le même rapport précise que la plupart des victimes des FARDC du mois d'août dernier dans les villages de Mashango et de Ndoruma étaient des femmes, des enfants et des personnes âgées.
D'autres avaient été découpées à coups de machette, battus à mort avec des gourdins ou bien abattus au moment où elles tentaient de s'enfuir. Quant aux FDLR, HRW leur attribue le massacre d'au moins 630 civils dans la même région et durant la même période.
UNE SUCCESSION DE DENONCIATIONS ET D'APPELS
Ce rapport intervient moins de trois semaines après un appel pathétique que la même organisation avait lancé à la suite du bilan de l'opération militaire contre les FDLR publié par un collectif d'organisations humanitaires.
Plus de 1.100 civils avaient été tués dans les deux Kivu pendant les opérations Kimia, depuis leur lancement en janvier, plus de 7.000 femmes et jeunes filles avaient été violées et plus de 6 000 logements avaient été détruits. Des crimes attribués, comme pour le dernier rapport de HRW, aux FDLR et aux FARDC. Et pour Human Rights Watch, ce bilan était un prix inacceptable pour les populations civiles.
Pas plus tard qu'en début de semaine, après un bref séjour à Nyabiondo, Alain Leroy, secrétaire général adjoint de l'Onu en charge des opérations de maintien de la paix, a dénoncé le massacre, entre mai et septembre 2.009, de 62 personnes civiles dans le secteur de Lukweti, dans le territoire de Masisi. Parmi les victimes, un nombre important de femmes et d'enfants. Un massacre attribué, avait indiqué le diplomate onusien, aux soldats FARDC de la 213ème brigade.
Conséquence, l'appui logistique et opérationnel de la Monuc à cette brigade dans les opérations militaires contre les FDLR a été suspendu en attendant que les faits soient vérifiés par une commission d'enquête mixte Monuc-FARDC.
Par ailleurs, le 7 septembre dernier, le bureau du Haut Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme avait publié deux rapports sur la situation des droits de l'homme au Nord-Kivu. Le premier accusait le CNDP d'avoir commis le massacre des civils à Kiwanja. D'après ce rapport, 67 personnes, des civils, avaient été exécutés par les combattants du CNDP pour se venger d'une attaque des Mai-Mai dans cette localité de Rutshuru. Les faits dataient de novembre 2008.
Le deuxième rapport, pour sa part, chargeait les FARDC dont les éléments s'étaient eux aussi rendus coupables de pillages et d'autres violations des droits de l'homme, notamment à Goma et à Kanyabayonga en octobre et novembre de la même année. Dans ses recommandations, le bureau du Haut Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme avait, notamment, appelé le gouvernement congolais d'assurer l'encadrement de son personnel militaire, de dédommager les victimes et de ne pas laisser impunis les auteurs des violations des droits de l'homme.
La société civile du Nord-Kivu avait salué les deux rapports qui constituaient, avait-elle estimé, un outil de travail qui devrait permettre au gouvernement de la RDC de prendre ses responsabilités.
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