La Tribune (Algiers)

Algérie: Périlleux pèlerinage

Ali Boukhlef

5 Novembre 2009


C'est devenu presque une tradition : la saison de pèlerinage donne lieu à des couacs et des polémique de tous genres.

Après la problématique des agences de voyages durant les années précédentes, les responsables du ministère des Affaires religieuses sont confrontés, aujourd'hui, à un double problème. L'un est sanitaire et concerne les risques liés à la grippe A(H1N1), où le populisme a pris le dessus sur la raison.

En effet, au lieu de prendre les mesures préventives ou tout simplement tenir compte du danger lié à la pandémie, comme l'ont fait certains Etats, les autorités algériennes ont préféré le risque d'envoyer des milliers de pèlerins sans un maximum de précaution.

Hier, un autre problème est venu perturber l'opération de hadj à quelques heures du décollage du premier contingent. Il s'agit de celui -qui devait être banal- de transport.

Le président de la commission de hadj, Cheikh Berbara, le ministre des Affaires religieuses et des Waqfs, Bouabdallah Ghlamallah, ainsi que le P-DG d'Air Algérie, Abdelwahid Bouabdallah, jouent trois percussions différentes. Ce dernier insinue que les Saoudiens et (étrangement) les Egyptiens limitent le nombre de vols de sa compagnie. On avance que ces deux pays veulent privilégier leurs flottes. Le ministre est, quant à lui, dans une position inconfortable : il veut ménager le choux et la chèvre en affirmant que, pour régler le problème, le gouvernement va recourir à des avions gros-porteurs. Quant à Cheikh Berbara, il dit simplement qu'il n'y a aucun problème.

Il est, certes, dans son rôle, puisque c'est lui qui doit donner des comptes une fois les 30 000 pèlerins algériens revenus au pays. Mais il n'a pas le droit de dire des contrevérités. Parce que cela dépend d'abord de la crédibilité de l'Etat. Il y va aussi de la sécurité et de la sérénité des personnes concernées par ce voyage qui fait rêver des millions de musulmans dans le monde.

Et comme pour ajouter un élément à la confusion, le président de l'Office du hadj s'en remet aux deux responsables de l'Exécutif, le président de la République et le Premier ministre. Faut-il aller si haut pour effectuer son pèlerinage ? Apparemment, oui. Puisque, décentralisée ou pas, l'opération de hadj est toujours un problème pour les autorités concernées, à leur tête le ministère des Affaires religieuses et des Waqfs.

Souhaitons tout de même un bon voyage aux pèlerins et un bon retour parmi les leurs.

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