Le Potentiel (Kinshasa)

Congo-Kinshasa:Dépositaire des journaux depuis 1976 - Georges Baende déplore l'insécurité et la situation des fonctionnaires

Stephane Etinga

5 Novembre 2009


Kinshasa — Georges Baende est un père de famille qui ne vit que de la vente de journaux. Il avait commencé ce métier depuis 1974 alors que l'actuelle Banque commerciale du Congo (BCDC, ex-BCZ) se trouvait dans le bâtiment qui abrite actuellement le ministère du Portefeuille. Il vendait des titres tels que La Renaissance (Umoja), Elima, Salongo, Jeune Afrique, Zaïre Hebdo, au moment où ces journaux n'avaient pour dépositaire M. Mikado.

Actuellement, M. Baende est dépositaire des journaux comme « Le Potentiel », « Le Palmares », « Le Climat Tempéré », « « Le Soft », « Horizon », « Le Journal », « Le Phare ». Il a, à son service, une douze petits vendeurs parsemés à travers les communes de Kinshasa. « Vendre les journaux est un métier noble comme tout autre. Grâce à ce métier, je gagne ma vie, et mes enfants étudient. Mais actuellement, il faut savoir s'organiser parce que le pouvoir d'achat de la population s'est sensiblement effrité. Les vendeurs de journaux ne gagnent presque rien. Avec la vente d'un seul journal, on ne parvient pas à s'acheter une bouteille de bière, alors que dans le temps on pouvait en payer trois », témoigne Georges Baende.

L'insécurité tue le métier de vendeur de journaux

Georges Baende estime que l'insécurité est en train de tuer le métier de vendeur de journaux. Ils ont fini par faire avec l'insécurité, Car il ne se passe pas un jour sans que l'on apprenne que les éléments de la Police nationale congolaise (PNC) ont confisqué des journaux. Ce qui fait que les vendeurs de journaux sont sur le qui-vive. Avec cette insécurité, ils ne savent pas quand la police surviendra.

Cette situation ne fait qu'aggraver la question de la mévente des journaux. Car les meilleurs lecteurs de journaux se recrutent parmi les fonctionnaires de l'Etat. Il se souvient d'ailleurs qu'un fonctionnaire de l'époque pouvait acheter trois, quatre ou cinq journaux à la fois. Mais actuellement, il se contente d'acheter les photocopies de manchette de journaux parce que cela coûte 100 Fc. « Les fonctionnaires ne lisent plus. Ils n'ont perdu leur pouvoir d'achat depuis des décennies. Le journal coûte au bas mot 1.000 Fc (1, 4 Usd », fait observer Georges Baende.

Pour lui, on peut améliorer la situation des petits vendeurs de journaux en augmentant le prix du journal. Car les éditeurs doivent fixer le prix du journal en laissant une marge bénéficiaire acceptable pour le dépositaire et pour le vendeur.

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Pour le moment, certains journaux comme « Le Soft » et « Le Climat Tempéré » laissent une marge appréciable au bénéfice du vendeur. Il explique : « Le Soft, par exemple, se vend à 4.500 Fc le journal. Or, le dépositaire l'achète à 1.500 Fc et le vend à son tour au petit vendeur à 2.000 Fc. Vous voyez que ce dernier fait tout pour vendre ce journal parce qu'il y trouve son compte, soit 2.500 Fc à la vente d'un seul numéro, même s'il est hebdomadaire ».

Georges Baende souhaite donc que d'autres journaux puissent, si possible, suivre cet exemple en revoyant à la hausse le prix de vente du journal. Non sans faire remarquer que le plus souvent, une telle augmentation profite uniquement aux patrons de presse et non aux journaliste et personnel de maison de presse.

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