Fasozine (Ouagadougou)
Kpénahie Traoré
4 Novembre 2009
Après les inondations du 1er septembre 2009 et leur lot de dégâts, la question cruciale de la viabilisation des zones inondées et du relogement des sinistrés se pose. A ce sujet, le gouvernement vient de publier un communiqué faisant cas du déguerpissement des zones inondables. Mais les occupants de ces zones, comme à Lanoa Yiri, dans l'arrondissement de Bogodogo, espèrent toujours demeurer sur place. C'est le constat fait par une équipe de Fasozine.com dans la matinée de ce mercredi 4 novembre 2009.
Le Conseil des ministres en sa séance du 19 septembre 2009, a adopté un décret portant réglementation des bandes de servitudes de canaux primaires d'évacuation des eaux pluviales, des zones inondables inconstructibles et des zones submersibles dans la ville de Ouagadougou. Cette mesure qui a été adoptée suite aux inondations du 1er septembre 2009 et à la menace permanente des changements climatiques entre en vigueur à partir de ce jeudi 5 novembre 2009. L'opération qui concerne en priorité les maisons d'habitation totalement ou partiellement détruites par les inondations devrait débuter par les villages de Lanoa Yiri et Balkuy, dans l'arrondissement de Bogodogo de la ville de Ouagadougou.
Un tour sur l'un de ces sites a permis de savoir comment les habitants des lieux ont accueilli la nouvelle. Chacun vaquant à ses occupations, les habitants de Lanoa Yiri ne semblent pas être préoccupés par cette question de déguerpissement. Parmi les nombreuses maisons qui se sont écroulées suite aux inondations, quelques unes tiennent encore debout et leurs occupants continuent d'y loger.
Fati Compaoré soutient qu'elle n'a été mise au courant de cette décision que ce mercredi matin par un vieillard qui était de passage au village. Même son de cloche chez Ami Ouédraogo et Ramata Ouédraogo. Par contre, d'autres reconnaissent avoir été informées d'une manière ou d'une autre. C'est le cas de Alizéta Ouédraogo qui dit avoir écouté le communiqué à la radio. Moussa Compaoré, lui, est venu rendre visite à son ami dans le village. Il en a entendu parler de bouche à oreille.
Mais, autant qu'ils sont, informés ou pas, et bien que le communiqué ait été publié, ils espèrent tous que leurs habitations seront épargnées, car, explique Ramata Ouédraogo, «on ne sait pas où aller et après la pluie qui a emporté nos affaires, on veut maintenant nous chasser de nos maisons». Tous s'en remettent au «bon Dieu» et ne manifestent aucun désir de quitter les lieux. Ils affirment qu'ils y resteront jusqu'à ce que le déguerpissement soit effectif.
Le communiqué du gouvernement indique que ce sont les habitations totalement ou partiellement détruites qui sont visées, mais que deviendront les quelques maisons qui sont encore intactes en ces lieux identifiés comme une zone inondable? Va-t-on laisser ces personnes continuer à y vivre tout en sachant qu'elles ne sont pas en sécurité ou seront-elles aussi déguerpies à la faveur de cette opération?
Ceux qui sont dans cette situation ne sont pas prêts à cette deuxième hypothèse, soutenant que les bulldozers ne viendront que pour débarrasser le village des ruines des inondations. Toutefois, ils ont reconnu qu'il leur a été formellement interdit de reconstruire sur le site après le sinistre, même si d'autres avaient déjà entamé une reconstruction de leurs maisons.
Le Conseil des ministres en sa séance du 19 septembre 2009, a adopté un décret portant réglementation des bandes de servitudes de canaux primaires d'évacuation des eaux pluviales, des zones inondables inconstructibles et des zones submersibles dans la ville de Ouagadougou. L'adoption de ce décret fait suite aux inondations du 1er septembre 2009 et à la menace permanente des changements climatiques.
Dans le cadre de son application, le gouvernement lance à partir du jeudi 5 novembre 2009, la première phase d'une opération de démolition des habitations dans les zones non loties concernées. Cette opération concerne prioritairement les maisons d'habitation totalement ou partiellement détruites par les eaux. Elle se déroulera, dans les arrondissements de la ville de Ouagadougou, selon le planning suivant :
-du jeudi 5 au vendredi 13 novembre 2009 : les villages Lanoa Yiri et Balkuy dans l'arrondissement de Bogodogo ;
-du samedi 14 au mercredi 18 novembre 2009 : les quartiers Kolog-Naaba, Ouidi et Dapoya dans l'arrondissement de Baskuy ;
-du jeudi 19 au mardi 24 novembre 2009 : Nioko I et Kossodo dans l'arrondissement de Nongr-Maassom ;
-du mercredi 25 au lundi 30 novembre 2009 : les secteurs 18 et 19 dans l'arrondissement de Boulmiougou ;
-du mardi 1er au dimanche 6 décembre 2009 : les secteurs 20 et 22 dans l'arrondissement de Sig Noghin.
Le gouvernement sait compter sur l'esprit citoyen des populations pour le bon déroulement de cette opération.
Le service d'information du Gouvernement
Be the first to Write a Comment!
Copyright © 2009 Fasozine. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour tout commentaire ou demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.
AllAfrica collecte et indexe du contenu provenant de plus de 125 organes de presse d'Afrique ainsi que de plus de 200 autres sources d'informations et de nouvelles. Les pourvoyeurs d'informations de AllAfrica gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica.