Aristide Ouédraogo
4 Novembre 2009
Suite à la sortie du Directeur de la Police Municipale la semaine dernière sur le déguerpissement prochain des marchants ambulants autour du grand marché, le bourgmestre de la capitale a organisé et présidé une rencontre avec les commerçants de Rood-Woko. Il s'agissait pour le premier Echevin de Ouagadougou de rendre public le rapport de la commission Ad hoc qui était censée réfléchir sur des points de préoccupation que les commerçants avaient posés aux dirigeants de la ville. C'était, en présence de la presse, le 29 octobre dernier à la salle du Conseil de la Mairie de Ouagadougou.
Rood-Woko, le grand marché de Ouagadougou, depuis sa réouverture passionne l'opinion. Les sautes d'humeur des commerçants alimentent les chroniques de la place. Mais malgré le désir des autorités communales de prévenir des dangers de tous ordres, malgré les différentes prises de langues avec les associations et syndicats de commerçants, rien ne semblait aller dans le droit chemin. Et les derniers évènements qui ont conduit la rue piétonne à redevenir une voie ouverte à la circulation démontrent aisément comment les protagonistes ont des difficultés à s'entendre sur le minimum.
Après plusieurs pilules qui ne passaient pas, le maire de Ouagadougou avait mis en place une commission Ad hoc où tous les acteurs étaient représentés. Cette commission devait se pencher sur les revendications des commerçants et y apporter des réponses. Les points d'achoppement n'étaient autre que : la levée des barrières, la suppression de la zone piétonne, la libre circulation des marchands ambulants dans la zone commerciale, la révision à la baise des prix des loyers (boutiques, échoppes et étals). Tous ces points ont reçu une fin de non-recevoir. A la sortie, ils étaient nombreux, les commerçants, à montrer leur mécontentement. Aux dires du Maire Sinon Compaoré, en tout cas, 90% des revendications ont été soit acceptées ou sont en voie de résolution.
Une équipe dirigée par le maire devrait sillonner le marché le 30 octobre pour permettre aux commerçants de présenter des échantillons des marchandises à la devanture des boutiques. Le pourtour du marché reste une zone piétonne et dans les jours à venir, des mesures seront prises pour son respect. Avant de conclure et pour peut-être impressionner son auditoire, le maire s'est lancé dans une curieuse démonstration. Parlant en langue mooré aux commerçants, il n'a rien trouvé d'autre à dire que de brandir le spectre de l'Etat d'exception.
Pour preuve : "Nous sommes dans un Etat de droit et le droit doit être respecté. Imaginez-vous au temps de la révolution : pensez-vous que j'allais prendre langue avec vous ou recourir une commission Ad hoc pour résoudre ces problèmes ? Quand on disait en son temps que c'était interdit, si tu enfreignais, tu allais pisser. Ou bien voulez-vous le retour de 1983 ? Si vous le voulez, ça peut revenir. On y était aussi des acteurs". No comment !
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