Asma Drissi
5 Novembre 2009
Hier matin, au centre de la presse internationale à l'Atce, s'est tenue la conférence de presse, tant attendue, de Mohamed Driss, directeur pour la troisième fois des JTC. On nous annonce que cette 14e édition des Journées théâtrales de Carthage, qui aura lieu du 11 au 22 de ce mois, sera une session exceptionnelle car elle coïncide avec la célébration du centenaire du théâtre tunisien.
Cette édition des JTC s'est choisi comme thématique «Théâtre sans frontières», un slogan que Driss a tenu a expliquer par un désir d'abolir les distances entre les arts d'un côté et entre les pays de l'autre. «Le choix de ce thème vient confirmer l'ouverture du théâtre sur tous les arts et sa capacité à s'adapter aux innovations et à toutes les technologies modernes. Car le quatrième art ne reconnaît pas les frontières et ignore les passeports et les visas. Il rayonne sur les peuples qui expriment à travers lui leurs rêves, leurs préoccupations, leurs esthétiques et leurs visions du futur», précise-t-il.
Comme les deux éditions précédentes, les JTC seront encore une fois sans compétition officielle. Elles verront défiler sur nos planches un grand nombre de spectacles qui atteindra 62 titres, dont 13 arabes et 4 africains.
Outre cette vocation arabe et africaine à laquelle tient les JTC depuis leur création, d'autres pays dont l'Allemagne, la Belgique, la France, l'Italie et l'Iran seront des invités de marque de cette session.
A côté des représentations, un certain nombre d'activités a été mis en place tout au long de cette 14e session des JTC, notamment des ateliers, des rencontres, des témoignages et des stages, en plus de l'organisation par le comité national du centenaire du théâtre tunisien d'un colloque international intitulé : «Au seuil du deuxième centenaire du théâtre tunisien, quel avenir pour le théâtre dans le monde ?».
Des hommages seront aussi rendus à des figures du théâtre arabe, africain et même européen et bien entendu aux artistes tunisiens pour célébrer leur oeuvre et leur parcours pour un théâtre tunisien riche en expériences et diversités des vocations.
Côté programmation, plusieurs axes s'y distinguent : «Présence» est un volet qui met l'accent sur une sélection de pièces arabes et africaines dont trois tunisiennes : «Valises» de Jaâfar Gasmi, «Hobb Story» de Lotfi Achour et «The end» de Ezzeddine Ganoun. Dans cette section, nous pouvons aussi découvrir des créations de pays dont l'activité théâtrale nous est presque inconnue comme l'Arabie Saoudite, la Libye, les Emirats Arabes Unies et le Sultanat d'Oman.
«Ouverture» est réservée aux pièces ouvertes sur les expressions artistiques et techniques ainsi que sur des expériences fécondes tant au niveau du texte, qu'à celui de la mise en scène et de l'interprétation. C'est une section qui tend à nous faire partager des expériences originales ou de coproduction nord-sud, ou des visions différentes du théâtre et des arts comme l'expérience allemande, française avec toute sa diversité ou encore iranienne qui éveille en nous une telle curiosité. Quant à la section «Découverte», elle permet de voir les travaux qui comportent des recherches scéniques inédites et des composantes graphiques nouvelles.
Dommage que cette section comprend beaucoup plus de pièces tunisiennes qu'étrangères, un choix qui ne permet pas au public tunisien de «découvrir» d'autres expériences et va se retrouver à voir les mêmes pièces de théâtre qu'il a déjà vues sur nos planches. Par ailleurs, le panorama du théâtre tunisien comprend ce qui reste de notre production nationale, toutes les nouvelles créations doivent trouver leur place dans le programme.
Entre le panorama et les autres sections, le nombre de pièces tunisiennes atteint les 50% de la programmation, ce qui, à notre avis, réduit nos possibilités de découverte de nouvelles expériences, surtout africaines réduites à trois pièces théâtrales et un concert de musique ?!
Enfin, la cérémonie d'ouverture qui a fait couler beaucoup d'encre aura lieu non pas au Théâtre de la ville de Tunis mais à la salle le Colisée. Ce choix a été justifié par Driss : «On s'attend a un grand nombre d'invités dont 400 étrangers en plus des Tunisiens, le Théâtre de la ville de Tunis ne nous offre pas ce grand nombre de places alors que le Colisée contient 1.600 places, c'est une question de logistique sans plus».
Le spectacle d'ouverture sera un prélude artistique, un hommage au comédien signé Ridha Drira intitulé La répétition ou Prova dell'arte. C'est en fait, un périple dans les méandres du spectacle vivant tout en observant les premiers balbutiements de la création dans des espaces vastes et multiples sous forme d'une installation qui réunit cent soixante participants aux diverses spécialités artistiques. Ballade nocturne où se mêlent le rêve avec le réel, le passé avec le présent, le présent avec l'espoir, et l'espoir de voyager par-delà les limites et les frontières. C'est l'expérience de la découverte et de la surprise ainsi qu'une invitation au voyage à travers les aires des arts et leurs profondes vérités.
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