Kimp.
4 Novembre 2009
Trois semaines après avoir mis dans tous ses états le ministre congolais de l'Information et des Médias, Lambert Mende, en rendant public, en collaboration avec 84 structures humanitaires, un rapport sulfureux accusant des éléments de l'armée nationale d'être responsables des massacres, viols et exactions sur des civils à la faveur de l'opération Kimia II- allégations vigoureusement rejetées par le précité au nom du gouvernement- Human Rights Watch revient à la charge. Cette fois, elle a choisi d'opérer seule et à visage découvert, comme c'est le cas régulièrement.
L'organisation non gouvernementale Human Rights Watch a publié lundi, à partir de New York, aux Etats-Unis, un communiqué faisant état des massacres, qu'elle a assimilés aux crimes de guerre, que sont en train de commettre les FARDC (Forces Armées de la République Démocratique du Congo) dans le Nord-Kivu, dans le cadre de l'opération Kimia II. On rappelle que celle-ci consiste à traquer les rebelles Hutu rwandais membres des FDLR (Forces Démocratiques pour la Libération du Rwanda) dans cette partie de notre pays. A l'en croire, ces crimes de guerre sont particulièrement enregistrés dans les localités de Nyabiondo et Pinga, où le nombre des personnes tuées serait de 270, dont la grande majorité auraient perdu la vie en août 2009. Human Rights Watch va jusqu'à affirmer que le bilan des civils exécutés depuis le déclenchement de l'opération Kimia II serait de 505, tous victimes présumés de la barbarie des soldats des FARDC.
S'agissant particulièrement des cas signalés dans les villages de Mashango et Doruma, cette organisation non internationale des défense des droits de l'homme impute aux FARDC des morts dont la plupart seraient des femmes, des enfants et des personnes du troisième âge. Certaines personnes auraient été coupées à la machette et d'autres tuées à coups de gourdins.
L'unique tort commis par ces innocents serait d'avoir été soupçonnés d'être des « collabos » des FDLR. Les rebelles Hutus rwandais sont pour leur part accusés d'avoir tué 630 civils.
Les protestations de Mende
Aussitôt après qu'il a pris connaissance du communiqué de Human Right Watch, le porte-parole du gouvernement et ministre de l'Information et des Médias, Lambert Mende, a rejeté en bloc les massacres et autres actes de violences mis sur le compte des soldats de l'armée régulière. De son point de vue, le rapport de HRW est « non seulement illégitime, mais irresponsable et même criminel ». Ce membre du gouvernement congolais soutient que les FARDC, répertoriées comme l'armée d'un pays souverain, sont en train d'accomplir leur devoir constitutionnel de protection de l'Etat contre des groupes étrangers terroristes et définis comme tels par le droit international.
Et de déclarer avec colère : « Ces messieurs de Human Rigths Watch s'amusent, parce qu'ils veulent conserver leurs débouchés humanitaires dans ce pays, démobiliser la communauté internationale pour que le Congo reste cette jungle où l'on se tue à souhait et où l'on a besoin de Zorro et de Tarzan , comme ces messieurs de Human Rights Watch ».
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