Fasozine (Ouagadougou)
Kpénahie Traoré
4 Novembre 2009
Le fleuve Niger, qui est la principale richesse du Sahel, constitue une source de vie pour de nombreuses populations. C'est le cas à Ségou, au Mali où les populations riveraines profitent de cet atout naturel pour mener leurs activités quotidiennes en dehors de l'aspect touristique.
Le fleuve Niger est la source nourricière de millions de personnes qui ne vivent que de ces retombés en pratiquant la pêche, l'agriculture ou d'autres activités lucratives. Kema Tampo est de ceux-là. Depuis 12 bonnes années, ce pêcheur bozo a laissé tomber le filet de pêche pour devenir piroguier, sur les conseils et l'aide d'un de ses amis qui pratiquait déjà cette activité. Son rôle, faire traverser le fleuve Niger avec sa pirogue à moteur, aux touristes et aux populations des villages environnants qui souhaitent rejoindre l'autre côté de la rive.
Chaque matin, la traversée commence d'abord pour les femmes des localités périphériques qui vont à Ségou pour diverses activités. Les pirogues à moteur font des aller-retours et se côtoient sur le fleuve tout au long de la journée. Les passagers ne manquent pas de se lancer des salutations de temps à autre, en levant les mains. Il y a aussi les pêcheurs qui s'adonnent à leur activité favorite, la pêche. La traversée n'est pas gratuite, elle se fait monnayant une somme fixée en fonction de l'activité du client. Les populations locales qui traversent le fleuve chaque jour pour vaquer à leurs occupations payent 150 ou 200 francs CFA par personne. Pour ceux qui le font à des fins touristiques, la location de la pirogue varie de 20 000 à 50 000 francs CFA, souvent plus, selon le nombre de passagers. Kema Tampo a expliqué que ce montant est élevé du fait du coût du carburant, car pour faire «un bon tour sur le fleuve, il faut au moins 25 litres d'essence», précise-t-il. Par moment, quand il y a beaucoup de clients, Kema Tampo peut se permettre trois tours sur le fleuve. Avec sa pirogue, il fait aussi de longs voyages en ralliant Ségou à d'autres villes comme Tombouctou, Koulikoro et Mopti.
Pour les touristes, la traversée ne se limite pas uniquement à cette promenade sur le fleuve. Elle est accompagnée d'une visite de Kalabougou, un village réputé dans l'art de la poterie, l'activité principale des femmes. Ce qui est déplorable, c'est que malgré ces nombreuses visites touristiques, Kalabougou n'est doté d'aucun centre de santé pour les soins médicaux de ses habitants, surtout de ses femmes qui contractent des maladies en étant quotidiennement en contact avec l'argile et le feu dans la réalisation de leur tâche. Les malades sont soit transportés à Ségou, soit ils ont recours à la médecine traditionnelle pourtant les visiteurs payent 35 000 francs CFA comme frais de visite. Une fois la nuit tombée, c'est le retour à la maison et l'arrêt de toutes ces activités commerciales et touristiques. Le fleuve se repose et retrouve son calme en attendant le lendemain matin.
Le fleuve Niger, le 3ème plus grand fleuve d'Afrique, long de 4 184 kms, traverse cinq pays africains (la Guinée, le Mali, le Niger, le Bénin et le Nigeria). Ses affluents arrosent le Burkina Faso, la Côte d'Ivoire, le Cameroun et le Tchad. Plus de 110 millions de personnes vivent d'activités liées directement au fleuve, principalement de la pêche et de l'agriculture. Mais le fleuve Niger est en ce moment menacé d'ensablement, de pollution et par des végétaux flottants. Un programme de lutte contre l'ensablement du fleuve Niger a été établi et des actions qui sont menées à cette faveur sont l'amélioration de la pêche, la plantation d'arbres, l'implication de la population dans la gestion du Bassin du Niger.
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