Le Quotidien Mutations (Yaoundé)
Propos Recueillis Par André T. Essomé Essomé (stagiaire) à Obala
4 Novembre 2009
interview
Notable à la chefferie du 2ème degré d'Obala, il prend position sur les exactions de la Garde présidentielle.
Quels rapports les populations d'Obala entretiennent-elles avec la Gp ?
La Garde présidentielle est venue ici quand j'étais déjà un homme (né le 12 mai 1938 à Obala, ndlr). On lui a donné le terrain pour faire le travail. A un moment donné, ses éléments ont commencé à nous brimer. Le capitaine, un français, a demandé qu'ils ne sortent plus de leur lieu à Minkama pour venir ici. S'ils veulent venir ici, ils doivent être en civile, plus question de venir en tenue militaire pour ne pas effrayer les civils. Parce que souvent, quand on les voyait, on fuyait. Vous savez que tout militaire croit que c'est lui qui a tous les droits et qu'il peut faire du n'importe quoi. S'ils sont dans un bar, tout le monde fuit. Sur les rapports entre eux et nous, nous les accueillons toujours bien. Ils veulent toujours utiliser la tenue de militaire pour nous dominer. Les premiers éléments formés par les juifs étaient très bons. Mais ceux-ci, sont même des brigands. Nous ne sommes même plus en sécurité avec eux. Je vous dis la vérité puis qu'ils nous agressent partout. Je suis un vieux, je n'ai plus peur de le dire. Moi, je m'en fous. Ils peuvent m'agresser demain, ils me tuent ; ça me fait quoi ?
La situation est donc si alarmante ?
Je vous dis qu'ils n'ont pas de frein! Quand ces messieurs débarquent ici, c'est la terreur. Ils ne font même plus la distinction entre ce qui est mauvais de ce qui est bon. Ils vous mélangent et vous bastonnent. Vous savez qu'ils ne connaissent pas le Droit. Ce sont des militaires formés pour la guerre et on les envoie ici pour nous tuer. C'est cela !
Faut-il donc délocaliser ce Centre d'instruction ?
Attention ! Paul Biya a fait de ce pays un grand pays. Je voudrais que son armée, son garde corps, soit formé ici comme au temps des Juifs. J'ai vu cette Garde présidentielle formée ici. Maintenant, ce sont les bandits qu'on forme ici.
Qu'est-ce que les autorités traditionnelles d'Obala font pour que de telles exactions ne se répètent plus?
Le président Biya a donné toutes les prérogatives aux supérieurs de ces miltaires. Ces messieurs doivent rester dans leur base. Ils ont tout là-bas, ils ont même des bars. Ils ne doivent pas venir ici n'importe comment, sauf pour un secours et sur ordre de leur patron. Ils ne sont pas la police ou la gendarmerie. Nous allons adresser une requête au président Paul Biya pour lui dire que nous sommes plus en danger qu'en sécurité parce que ses gardes nous battent et nous tuent déjà.
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