André T. Essomé Essomé (stagiaire)
4 Novembre 2009
En temps de pluie, les abords de l'édifice font office de dépotoir.
L'entrée principale du Palais des sports de Yaoundé se devient chaque jour davantage un vaste marécage. Difficile pour les voitures et piétons d'accéder à l'enceinte du temple en cette saison de pluie. Aux eaux stagnantes qui nourrissent des folles herbes jouxtent les détritus. Non loin, des centaines de vieux bidons, bouteilles, chaussures, plats et cageots en plastique, bouchent un pont situé non loin de là.
De l'autre côté de la route, le ruisseau Ekozoa dont le lit fait l'objet de travaux d'aménagement depuis des mois n'est pas épargné.
Tous les déchets ménagers qui y sont déversés, recouvrent le rivage en ce lendemain (27 octobre 2009) de journée pluvieuse. Pas étonnant qu'il soit impossible de donner aisément une coloration à cette eau totalement infecte. Tantôt jaunâtre, quelque peu couverte en sa surface, elle est généralement verdâtre de mousse. Un mélange qui n'est pas étranger aux odeurs qui exhale cet endroit pourtant égayé par un jardin pas lui-même épargné par l'érosion qui y sévit par ailleurs. La situation est plus incommode en temps de soleil de l'avis des riverains: «Lorsqu'il pleut, l'air soudain rafraîchi, renvoie une odeur acre et fétide. Mais le plus difficile nous revient dès le retour du soleil. Il se dégage une odeur des plus fortes.
Difficile de la qualifier en réalité. Toujours est-il qu'elle tend vers la pourriture», se laisse aller Serge Elé Tanga, un artisan basé à l'arrière du collège de la Retraite. A la question de savoir s'il ne songe pas à changer de cadre de travail, le jeune Elé fait savoir qu'il a plus de chance à s'exposer aux potentiels clients en ce lieu. Plus résistants sont les casseurs de pierres qui se recrutent parmi «les enfants de la rue». Pour faire face à cette atmosphère insoutenable, ils n'ont de cesse de fumer des cigarettes. Tout comme ils se bouchent les bouches et les narines avec de vieilles chaussettes tantôt imbibées de la colle. Par contre, le jardinier Etienne Kapopuwouo, dit s'adonner à son ouvrage malgré tout. «On va faire comment? Nous n'avons pas de choix. Nous gagnons notre pain quotidien à ce prix. Bien plus, pour le moment nous ne ressentons pas les effets de ces odeurs totalement incommodantes. Mais nous subissons les nuisances des eaux qui débordent en temps de pluie».
Dans cette rigole, à quelques du pont, le maître d'oeuvre du Palais des sports a fixé une grille pour trier certains déchets notamment plastiques. C'est ainsi que des bouteilles, bidons, chaussures entraînées par l'eau viennent échouer. «Il y a environ trois mois que les employés du chantier du Palis des sports ont mis ce grillage. Ils vont sûrement retirer toutes ces ordures qui bloquées par ce barrage. Ils ont peut être pensé au filtrage des eaux. De toutes les façons, elle est visiblement plus claire après la barrière», croit savoir Etienne Kapopuwouo qui, pour lutter contre l'érosion, repique le gazon au bord de la rigole. Plus loin à l'intersection entre le ruisseau Ekozoa et l'Abiergue venant du quartier Messa, la pelleteuse que conduit un employé de nationalité chinoise est à pied d'oeuvre pour le curage de la masse de boue du marécage . Il s'emploie à élargir le lit de la confluence pour faciliter le passage des eaux.
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