Georges Nesta Diop
5 Novembre 2009
Thiès — Rien n'a été trop grand, trop beau à entendre hier pour Idrissa Seck qui se réconciliait avec son 'père'. Même au prix de sa vie. Comme Abraham, le père des croyants que Idrissa Seck prend pour exemple en rappelant le sacrifice offert pour rester ami de Dieu, l'ancien maire de Thiès qui annonce officiellement son retour au bercail se souvient, pour le regretter, que Me Wade lui a toujours conseillé de ne pas écouter ceux qui lui demandaient d'attaquer son 'père'.
Ceux qui avaient eu la chance d'assister à la cérémonie de lancement de la sortie des premiers bus de Senbus à Thiès le 17 septembre 2003 et qui sont revenus hier au même lieu, ont dû remarquer qu'entre Idrissa Seck et son 'père', Me Wade, beaucoup d'eau a coulé sous les ponts. En ce 17 septembre 2003, Me Wade, accompagné de plusieurs chefs d'Etat de la sous-région, a inauguré cette usine sous les yeux de Idrissa Seck alors Premier ministre sans avoir une seule fois prononcé son nom. Commençait alors une longue guerre entre les deux proches collaborateurs.
Hier, à la même place, l'histoire ne s'est pas répétée. En effet, l'inauguration de la seconde phase de ce projet a vu la réconciliation officielle entre le 'père' et le 'fils'. Et ce dernier, comme pour promettre de ne plus 's'égarer' a promis de respecter les volontés du 'père'. D'ailleurs, dès l'entame de son discours en tant que maire de la ville de Thiès, Idrissa Seck reconnaît la valeur de son hôte. 'Cher président de la République, et cher maître, votre venue est un énième bien qui fait suite à beaucoup d'autres', déclare Idrissa Seck. Mieux, martèle l'ancien Premier ministre, 'au surplus d'un maire qui reçoit le président de la République, cette cérémonie est celle d'un disciple qui retrouve son maître après plusieurs années'.
Dans ce mot de bienvenue sonnant comme une demande de pardon pour tout ce qui s'est passé entre les deux, Idrissa Seck donne raison à Wade. 'Le président disait que ceux qui demandent à Idrissa Seck d'attaquer son père, cherchent sa perte. Si ces gens lui veulent du bien, ils doivent plutôt lui demander de suivre ses conseils et sa volonté', rappelle Idrissa Seck répétant ainsi les propos de Wade tenus un jour à Matam. 'Le président avait bien raison de dire cela. Car, c'est même une tradition bien de chez nous que de suivre et respecter les anciens. C'est aussi une recommandation de la religion', confesse l'ancien Premier ministre fermant ainsi la longue page de sa brouille avec le Pape du Sopi.
A ses militants qui se sont gardés, cette fois ci, de vanter ses mérites et chanter ses louanges, Idrissa Seck dira : 'Je vous remercie pour avoir respecté les consignes et recommandations que je vous avais données. Ici, on ne doit voir que deux couleurs : le bleu et le jaune comme le veut notre 'père'. Je veux aussi que l'on applaudisse un seul homme, notre père et président de la République'. Des mots bien compris par les militants du 'Rewmi' qui se sont gardés de brandir banderoles ou autres tee-shirt à l'effigie de leur mentor. Il n'y en avait donc que pour Me Wade.
D'ailleurs, Idrissa Seck est conscient qu'il n'est pas l'égal de Wade. Il se considère même comme un oeuf et Me Wade un roc. La confrontation ne pouvant qu'être catastrophique à l'oeuf. Et c'est un Idrissa Seck visiblement heureux d'avoir re-gagné la maison du 'père' qui souhaite que ces retrouvailles soient fructueuses pour le Sénégal. 'Que les retrouvailles entre mon père et moi soient pour le plus grand bénéfice du Sénégal', conclut le maire de Thiès qui a sonné hier la mobilisation de son état-major politique.
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