Wal Fadjri (Dakar)

Afrique: Crise financière - Pourquoi les économies africaines ont été épargnées

Khady Bakhoum

5 Novembre 2009


'L'action de la Banque centrale dans le contexte de la crise financière et économique mondiale'. C'est le thème de la leçon inaugurale du gouverneur de la Bceao livrée hier à l'Ucad. Philippe-Henri Dacoury Tabley a, par cette occasion, expliqué pourquoi le continent a été épargné par la crise financière.

Le tourbillon de la crise financière, née aux Etats-Unis des oeuvres de mauvais crédits octroyés par les banques, a épargné l'Afrique à bien des égards. Invité à donner la leçon inaugurale de l'année académique 2009-2010 à l'Ucad, le gouverneur de la Bceao, Philippe Henri Dacoury Tabley a expliqué pourquoi le continent est resté à l'abri et comment elle a procédé pour protéger les économies des Etats de l'Union économique et monétaire de l'Afrique de l'Ouest (Uemoa). Le caractère restrictif de la réglementation du secteur bancaire a été, pendant longtemps, critiqué. Mais, relève le gouverneur, la survenue de la crise a donné raison à la Banque centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest. Les banques locales n'ont pas été affectées parce qu'elles n'avaient pas les produits bancaires, objet de la crise (subprimes).

Dès le début de la crise, indique M. Dacoury Tabley, la Bceao a pris des mesures conservatoires. C'est ainsi qu'elle a installé une cellule de veille, chargée d'évaluer les conséquences et risques pour les banques, et renforcer la concertation avec celles-ci. L'institution a également assoupli sa politique monétaire afin d'assurer la liquidité aux établissements bancaires. Un montant de 220 milliards de francs avait été injecté en mars 2009, à cet effet. Un guichet a été ouvert pour répondre aux besoins structurants des banques, avec un taux fixe et des montants non plafonnés. Le taux directeur de la Banque centrale est également passé de 4,75 % à 4,25 %. Dans cet ordre d'idée, le taux des réserves obligatoires a été revu à la baisse. La Banque centrale, en collaboration avec les Etats de l'Union, a aussi mis en place un comité de suivi.

Dans son appui aux pays, l'institution a insisté sur le paiement des dettes intérieures dont les montants représentaient 1 400 milliards de francs Cfa en avril 2009. Ces Etats ont, également, bénéficié d'assistance de la Bceao pour lever des fonds dans le marché régional. Les pays devaient toutefois chercher des ressources finançables auprès de la Banque centrale qui, en outre, a rétrocédé la contrepartie, en Cfa, des allocations Dts (Droits de tirage spéciaux) du Fmi. Ce qui représente 450 milliards de Cfa. Cette somme vient s'ajouter aux 400 milliards de francs amassés dans le cadre des émissions de bons du Trésor.

En perspective, le gouverneur a indiqué que la reprise de la croissance mondiale est attendue en 2010. Toutefois, dit-il, la reprise est subordonnée à la poursuite des mesures et au retrait progressif des plans de soutien. Pour ce qui concerne l'Afrique, il appelle à une introspection. Il s'est, en effet, demandé ce que l'Afrique a fait depuis 50 ans (à compter de 1960, année des indépendances). Avec un brin d'humour, il affirme que 'la crise a trouvé les autres (les pays développés, Ndlr) en train de marcher. Nous (les pays africains), elle nous a trouvé couchés ( ) Il faut reconnaître qu'on n'a pas fait grand chose'.

Liens Pertinents

Il déclare que les économies africaines doivent engager des réformes structurelles : '(arrêter) de financer les entreprises budgétivores qui ne marchent pas et aider les entreprises qui marchent'. M. Dacoury Tabley met l'accent, par ailleurs, sur l'éducation et la formation comme gage de développement.

Le gouverneur, sur un autre registre, a critiqué la politique des Etats africains basée sur l'attente de l'aide au développement et les endettements dont les échéances s'étalent sur plusieurs générations.

Be the first to Write a Comment!

Plus de titres sur allAfrica.com

Copyright © 2009 Wal Fadjri. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour tout commentaire ou demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.

AllAfrica collecte et indexe du contenu provenant de plus de 125 organes de presse d'Afrique ainsi que de plus de 200 autres sources d'informations et de nouvelles. Les pourvoyeurs d'informations de AllAfrica gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica.

AllAfrica - All the Time

SELECT
SELECT

Le top des actualités: Finance

Rubriques