Seyni Diop
5 Novembre 2009
Les premiers pèlerins sénégalais à destination de La Mecque ont quitté Dakar hier, en fin de journée. Ils ont été salués à leur départ par le ministre d'Etat, ministre des Affaires étrangères, Madické Niang, qui s'est félicité des importantes mesures prises cette année pour éviter toute perturbation. Et contrairement à l'année dernière, le premier vol 1A est parti sans retard.
C'est vers les coups de 13 h 30 mn que l'Airbus A 330-200 de la compagnie Air Europa, affrétée cette année par le gouvernement du Sénégal pour convoyer les pèlerins sénégalais à La Mecque, a quitté le tarmac de l'aéroport international Léopold Sédar Senghor de Dakar avec à son bord plus de 297 passagers qui doivent se rendre aux lieux saints de l'Islam. Et les autorités étatiques, en charge de l'organisation de ce pèlerinage, ont tenu à accompagner les pèlerins du premier vol jusque dans l'avion. Ministre d'Etat, ministres des Affaires étrangères, Me Madické Niang, s'est beaucoup réjoui des conditions dans lesquelles ces pèlerins vont être acheminés à La Mecque cette année. Pour lui, l'organisation de cette édition s'inscrit dans une perspective de rupture avec ce qui se faisait avant. 'Ce qui s'est fait l'année dernière, ne s'est jamais fait au Sénégal dans le cadre du pèlerinage', indique le chef de la diplomatie sénégalaise. Qui annonce également que toutes les dispositions nécessaires ont été prises pour qu'il n'y ait pas de retard cette année. 'Il n'y aura pas de retard cette année. Toutes les conditions sont réunies pour un bon déroulement du pèlerinage', rassure Me Madické Niang.
Selon le chef de la diplomatie sénégalaise, cette bonne organisation est à mettre à l'actif de la conjugaison de trois facteurs. 'Premièrement, la compagnie qui a été sélectionnée est une compagnie de référence, connue et qui a de l'expérience dans le hadj. Ensuite, il y a le type d'avion qui doit acheminer les pèlerins à La Mecque cette année. C'est un avion presque neuf, qui n'a pas une durée de vie de plus de trois ans, en plus de faire partie des plus confortables avions actuellement sur les lignes du pèlerinage', signale-t-il. Mais, ce qui semble le plus agréer le ministre des Affaires étrangères pour cette présente édition, la première depuis qu'il dirige ce département, c'est la diminution du prix du billet. 'Dans cette période de crise mondiale où tout se fait sur la base d'une forte inflation, au lieu de se battre pour que le prix du billet n'augmente pas, on a obtenu, grâce à la diligence du ministre d'Etat, Karim Wade, une forte réduction sur le prix', déclare-t-il.
En direction des 297 pèlerins de ce premier vol, Me Madické Niang assure une assistance permanente jusqu'à leur retour au Sénégal. 'Vous allez effectuer un devoir important. Que Dieu agrée vos prières et agrée votre pèlerinage. Je voudrais vous assurer qu'au-delà du transport, toutes les dispositions ont été prises pour que tout se passe bien. Le gouvernement a dégagé une enveloppe d'un milliard de francs Cfa pour une bonne organisation du pèlerinage.
L'accompagnement se fera à tous les niveaux. Nous allons avoir les yeux sur tout ce qui se passera là-bas', soutient Me Madické Niang. Avant de demander aux futurs pèlerins de prier pour le Sénégal pour une paix durable, la cohésion sociale et la prospérité.
Pour sa part, le ministre d'Etat, ministre des Infrastructures, des Transports aériens, de la Coopération internationale et de l'Aménagement du territoire, Karim Wade, s'est félicité du respect des engagements pris de part et d'autre et qui ont mené au décollage du premier vol sans retard. 'Nous félicitons toutes les équipes qui ont participé à l'organisation du pèlerinage 2009. Pour le premier vol, c'est un vol sans faute et nous attendons l'impression des pèlerins une fois arrivés à Médine. Cette édition du pèlerinage a été révolutionnée. Nous avons pu réduire de 35 % le prix des billets et nous avons pu réunir les conditions pour que les pèlerins puissent voyager en paix et en sécurité', déclare le fils du président de la République. En outre, Karim Wade a visité le nouveau dispositif mis en place au niveau du centre d'appel Africa tel Avs qui consistera à appeler les parents des pèlerins au décollage de l'avion et à leur arrivée à Médine.
C'est plus de 3 000 pèlerins sénégalais qui devront se rendre aux lieux saints de l'Islam cette année. Ils seront répartis en dix vols pour ceux qui voyagent avec la mission gouvernementale et huit autres pour les opérateurs privés. Et après le décollage de ce premier vol, la phase aller se poursuivra jusqu'au 18 novembre prochain.
Dr ALIOUNE FALL, MEDECIN CHEF DE L'AEROPORT LEOPOLD SEDAR SENGHOR : 'Il y a pas encore péril en la demeure pour ce qui est de la grippe Ah 1N1'
Le pèlerinage 2009 se déroulant dans un contexte particulier avec la pandémie de la grippe Ah 1N1 qui sévit dans le monde, l'inquiétude demeure chez certains proches de pèlerins. Mais pour le Docteur Alioune Fall, médecin chef de l'aéroport Léopold Sédar Senghor, il n'y a pas encore péril en la demeure pour ce qui est de la grippe Ah 1N1. Car, selon lui, au Sénégal, 'on n'a pas encore découvert notre premier cas'. Cependant, le Docteur Fall souligne : 'Comme la pandémie est mondiale et que nous allons à un pèlerinage de surcroît, avec une situation de risque mondial, il faut sensibiliser les pèlerins sur la maladie. Il y a des précautions pour les personnes âgées, celles qui ont des maladies chroniques, pour les diabétiques non équilibrés et pour ceux qui prennent un traitement immunosuppresseurs, c'est-à-dire dont les résistances de l'organisme sont diminuées. Nous passons en boucle, dans la salle d'embarquement, un film pour sensibiliser sur ce risque et les précautions d'usage concernant cette maladie', soutient le Dr Fall.
Le médecin chef de l'aéroport Léopold Sédar Senghor annonce, par ailleurs, que 'le vaccin contre la grippe qui était facultatif, est devenu obligatoire cette année. On attendait le vaccin de la grippe Ah 1N1 mais, malheureusement, ce n'est pas encore disponible sur le marché. Et donc, il y a une dérogation pour les pèlerins'. Néanmoins, il estime que l'évolution mondiale de cette maladie est bénigne. 'Il y a beaucoup de rumeurs qui circulent sur la grippe Ah 1N1, qui est une pandémie mondiale, mais à l'heure actuel, la maladie fait une évolution bénigne. C'est-à-dire que le malade guérit sans traitement', confie-t-il. Pour lui, l'inquiétude se situe dans le futur. 'Ce qui inquiète, c'est ce que deviendra cette maladie dans un, voire deux mois après le pèlerinage. Puisque les clignotants peuvent changer. Mais pour le moment, les signes sont similaires à ceux de la grippe saisonnière', renchérit-il.
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