Agence de Presse Sénégalaise (Dakar)

Sénégal: Les raisons objectives du choix d'un technicien local

5 Novembre 2009


Dakar — Des raisons objectives, techniques, mais aussi et surtout financières ont présidé à la décision des dirigeants sénégalais de choisir un technicien local pour diriger l'équipe nationale du Sénégal. Sur le plan matériel, la situation actuelle du football national ne plaide pas en faveur du recrutement d'un technicien étranger de haut niveau.

L'affaissement des royalties versées par l'équipementier Puma à cause de la double élimination des Lions de la course à la CAN et au Mondial 2010, fait que les moyens d'intervention de la Fédération sont considérablement réduits.

Même si elle le voulait, elle n'aurait pas les moyens de verser des compléments de salaire, l'Etat prenant régulièrement en charge les émoluments des techniciens de l'équipe nationale A.

La crise financière internationale aidant, l'Etat sera le premier à pousser la Fédération à se tourner vers les techniciens locaux à cause des résultats mitigés de ces "sorciers blancs" au sein de la Tanière, compte non tenu de leurs prétentions salariales. Dans un entretien avec l'APS, une source bien au fait des salaires des entraîneurs de haut niveau en France, évalue leur traitement mensuel entre 50 et 60 millions de francs CFA.

L'ancien entraîneur du Paris Saint-Germain, Paul Le Guen, recruté par le Cameroun, perçoit 50 millions de francs CFA par mois. Vahid Hallidozic, appointé par la Côte d'Ivoire, qualifiée pour la Coupe du monde 2010, perçoit 40 millions de francs CFA mensuels.

Ces chiffres sont très loin des cinq millions de francs CFA versés par l'Etat du Sénégal à Claude Leroy à la fin des années 1980. Il n'a d'ailleurs pas permis au Sénégal de remporter "sa" coupe d'Afrique, en 1992 à Dakar.

Sur le volet technique, la nécessité de reconstruire une sélection requiert la présence "à domicile" du futur patron technique de la Tanière, comme au temps de l'Allemand Peter Schnittger.

Appelé à la rescousse par Omar Seck, alors président de la Fédération de football, ce dernier avait eu le temps de voir plusieurs années durant les joueurs locaux. Ce qui lui a permis de pouvoir juger de leurs capacités.

Le technicien allemand, alors Directeur technique national (DTN), avait puisé dans l'équipe de la Jeanne d'Arc, finaliste de la coupe de la Confédération africaine de football (CAF) en 1998 pour en faire la colonne vertébrale de sa sélection.

L'Allemand a ajouté à ces locaux quelques professionnels pour poursuivre la phase des éliminatoires de la CAN 2000, avec une qualification réussie au dernier moment après des barrages contre l'Erythrée et le Zimbabwe.

S'il est vrai que la situation d'avant 2000 est différente de celle d'aujourd'hui, il reste constant qu'il est impossible de faire de la reconstruction sans les joueurs locaux.

Certains d'entre eux, Alpha Oumar Sow du Casa-Sports, Mouhamadou Baïla Traoré du Port, Khadim Ndiaye de la Linguère de Saint-Louis ont aujourd'hui démontré qu'ils avaient le niveau des professionnels.

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