Agence de Presse Sénégalaise (Dakar)
5 Novembre 2009
Dakar — La dette extérieure a baissé de 62,4% du PIB à 23,1% du PIB sur tout le continent entre 1998 et 2007, grâce à l'amélioration des résultats économiques des pays, constate la Commission économique pour l'Afrique (CEA) de l'ONU.
"Les niveaux de la dette ont également baissé sur tout le continent. Le stock de l'encours de la dette extérieure a baissé en pourcentage du PIB de moins de 62,4% pour les années 1998-2001 à 47,2% pour les années 2000-2005 et à 23,1% en 2007", écrit la CEA dans son rapport 2009 parvenu jeudi à l'APS.
Cette baisse de la dette résulte "essentiellement de l'amélioration des résultats économiques des pays africains et de l'allègement de la dette intervenu au titre de l'Initiative PPTE (Pays pauvres très endettés) et de l'Initiative d'allègement de la dette multilatérale pour les pays à faible revenu", explique la même source.
L'Initiative PPTE a été lancée en 1996 par la Banque mondiale (BM) et le Fonds monétaire international (FMI) pour "assister les pays les plus pauvres du monde en rendant leurs dettes internationales +soutenables+". Elle concernait 42 pays dont une trentaine se trouvait en Afrique, au moment de son lancement.
Quant à la croissance économique, le rapport de la CEA souligne que "par rapport au début des années 1990, lorsque la croissance économique atteignait en moyenne à peine 1% par an, l'Afrique a connu une nette amélioration de la croissance au cours des 10 dernières années."
"Le continent dans son ensemble a progressé en termes réels à un taux moyen de 5,7% en 2006 et de 5,8% en 2007, contre un taux moyen de 3,4 pour la période allant de 1998 à 2002", ajoute le texte.
Il souligne que l'Afrique subsaharienne, l'Afrique du Nord et le Nigeria ont progressé pratiquement au même taux de 4,5 ou 4,6% au cours de la décennie commençant en 1998, tandis que l'Afrique du Sud a affiché un taux de croissance réelle du PIB de 3,5% au cours de la même période.
Entre 1998 et 2007, "l'amélioration du niveau de vie en Afrique est manifeste, fait observer la CEA, même en tenant compte de la croissance démographique."
L'inflation des prix à la consommation en Afrique tout entière est tombée d'une moyenne de 7,6% par an au cours des années 1998-2002 à 5,8% en 2005, avant de s'élever pour atteindre environ 6,2% en 2007, à la suite de la hausse des cours internationaux des produits alimentaires et du pétrole, lit-on dans le document.
Concernant l'inflation encore, l'amélioration de la performance a été "même plus impressionnante" pour l'Afrique subsaharienne --- à l'exclusion du Nigeria et de l'Afrique du Sud --- où l'inflation a été réduite de plus de moitié.
Le rapport publié pour la deuxième fois fait état de "déficits publics persistants" dans les pays africains, les imputant à "un recouvrement faible des recettes, des dépenses publiques à tout va et des dépenses à caractère anticipatif, notamment s'agissant des apports des donateurs".
"Une piètre discipline budgétaire intensifiera l'inflation tirée par la demande, en évinçant le secteur privé du marché financier en raison de taux d'intérêts élevés...", poursuit la CEA.
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