Le Soleil (Dakar)

Sénégal: Accès des femmes à la terre - Enda Pronat et l'université de saint-louis initient la réflexion

Amadou Maguette Ndaw

6 Novembre 2009


Sous la coordination d'Enda Pronat (protection de la nature) une journée de réflexion se penche sur « Genre et foncier au Sénégal » avec la collaboration du Groupe de recherche-action sur le foncier au Sénégal (Grafosen) et le Groupe d'études et de recherches genre et sociétés (Gestes) de l'Université Gaston Berger de Saint-Louis.

Le constat est clair pour les différents responsables présents lors de cet atelier : dans nos sociétés, la femme est toujours reléguée au second plan dans le cadre de l'accès à la terre. C'est pourquoi, a indiqué Mariam Sow, coordonnatrice d'Enda Pronat, « cet atelier permettra d'échanger sur une question fondamentale qu'est le foncier et les femmes et du coup dégager des pistes qui permettront à ces dernières de détenir des terres ».

Et pourtant, a rappelé Pape Fodé Kanté, doctorant en Droit et membre de l'équipe de recherche du Gestes, dans la loi sur le Domaine national, il n'est fait mention d'une quelconque discrimination entre hommes et femmes quant à l'accès au foncier. Pour lui, il ne reste qu'une chose, « travailler à conscientiser les femmes sur ce que leur confère la loi afin d'en jouir pleinement ».

Au-delà de ce travail, les gens pensent que « les femmes ne doivent bénéficier de la terre qu'indirectement avec le mariage ou encore de manière collective comme dans le cadre des coopératives d'habitats », a fait remarquer Fatou Diop Sall, sociologue et coordonnateur du Gestes. Aujourd'hui, l'urgence c'est d'identifier et faciliter la mise en place de conditions d'application des dispositions législatives et réglementaires en matière de gestion foncière au Sénégal. Et aussi les conditions pour amener les populations à avoir une autre vision dans l'utilisation du droit coutumier et religieux afin de faciliter la sécurisation de l'accès des femmes à la terre.

Dans les Ecritures saintes, plus particulièrement dans l'Islam, il n'est point question, selon Alioune Sall, de ne permettre à la femme de détenir une terre, de le mettre en valeur ou d'y habiter. Ceci, a-t-il poursuivi, « est une coutume, donc un héritage et l'idéal serait de permettre aux femmes de disposer de terres surtout dans les milieux ruraux ».

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