L'Express de Madagascar (Antananarivo)
Sylvain Ranjalahy Et Iloniaina Alain
6 Novembre 2009
L'UE risque d'appliquer les sanctions en cas d'échec des négociations. La période conservatoire de 120 jours prend fin ce jour.
Chronoen main, la course contre la montre est engagée à Addis-Abeba. Les bailleurs de fonds commencent à se faire entendre pour faire comprendre l'étroitesse des marges de manoeuvres des protagonistes au Sommet des chefs de file des mouvances.
L'Union européenne a dépêché hier, Jeremy Lester, chef d'unité en charge des relations avec les pays et des régions de la Corne d'Afrique et de l'Afrique de l'Est et de l'océan Indien. Il a remis aux chefs de file une lettre du commissaire européenau développement, rappelantl'attente de l'Union européenne.
Jeremy Lester a fait part du souci et du souhait de l'Union européenne devant l'absence d'avance tangible desnégociations. «La réunion d'aujourd'hui (jeudi) est cruciale pour nous. Elle pourrait permettre de fixer notre position», a-t-il indiqué.
Selon certaines confidences, la lettre constitue un rappel de la fin de la période conservatoire de 120 jours pour le retour vers l'ordre constitutionnel qui tombe ce 6 novembre. En l'absence d'avancées dans les négociations en vue de l'application de la Charte de Maputo, l'Union européenne pourra appliquer les sanctions au vu de l'article 96 de l'Accord de Cotonou. «En l'absence d'une solution acceptable, des mesures appropriées peuvent être prises,y compris la suspension de l'accord, bien que celle-ci constitue le dernier recours», stipule le texte.
Optimisme
Le chef d'unité chargé des relations avec les pays et les régions de la Corne de l'Afrique, de l'Afrique de l'Est et de l'océan Indien évite de fixer un calendrier exact pour la prise de décision. Une source proche du dossier fait comprendre que, tant que les protagonistes affichent une volonté de dialoguer, la sanction ne devrait pas s'appliquer.
Mais l'épée de Damoclès plane déjà au dessus de la têtedu pays. L'Union européenne prévoit une enveloppe de près de 630 millions d'euros soit près d'Ar. 189 milliards pour la période de cinq ans dans le cadre du Xe Fonds européen de développement (FED). Le volet aide budgétaire est déjà gelé en décembre.
Pour l'instant, personne ne souhaite évoquer le pire scénario, en cas d'échec des négociations. «Ne craignezrien. Il y aura des résultats et ça va aller», a indiqué l'ancien président Ravalomanana, affichant unair optimiste, en sortant de la salle de réunion vers 17 heures.
Pour sa part, Andry Rajoelina, président de la transition, se montre également serein devant l'évolution de la situation. «Aucune pression ne pèse sur la mouvance Rajoelina pour précipiter sa distribution des sièges», a-t-il soutenu.
RamtaneLamamra, président de commission à la paix et la sécurité, veut également afficher l'optimisme. «Il y aura un accord ce soir. Inch Allah !», a-t-il lancé, le sourire aux lèvres.
Sanctions en cascade en vue
L'Union européenne est la première à réagir sur l'état des négociations. Mais depuis hier soir, les mauvaises nouvelles risquent de s'enchaîner en défaveur de la Grande île, si les négociations n'avancent pas, dans la mesure où rien n'a bougé d'un iota au moment de la pause à 23h30.
Le gouvernement avait envoyé une lettre, sur la possible décision définitive en défaveur de Madagascar au cas où perdurerait la situation actuelle . La Troïka de la Communauté de développement de l'Afrique australe, va se réunir demain,pour examiner le cas de Madagascar. La commission de paix et de sécurité de l'Union africaine va également se réunir lundi, afin de trancher sur le dossier de la Grande île.
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