Bakary Dabo
6 Novembre 2009
L'Afrique a encore beaucoup à faire en matière de bonne gouvernance. La Commission économique pour l'Afrique (Cea), dans son « Rapport sur la gouvernance en Afrique II 2009 », a constaté une « avancée marginale » en matière de gouvernance. Ainsi, malgré les bons points notés en matière des droits de l'homme et l'état de droit et en économie, la corruption demeure un défi redoutable.
La principale constatation de la deuxième édition du Rapport sur la gouvernance en Afrique II 2009 lancé hier, jeudi 5 novembre à Dakar par la Commission économique pour l'Afrique (Cea), est que le continent a enregistré une avancée « marginale » en matière de gouvernance. Et ceci, depuis l'étude initiale de 2005. La Cea indique que l'indice global de tous les indicateurs de l'étude effectuée par les experts pour la deuxième édition, fait ressortir un gain marginal de deux points de pourcentage par rapport à l'étude de 2005 (53% contre 51%). Avant de souligner que des résultats « mitigés » ont été observés dans les indicateurs de base de la représentation politique et de l'indépendance des organisations de la société civile ainsi que des médias, le premier domaine marquant le pas avec 65% et le second enregistrant un accroissement marginal de deux points de pourcentage et passant ainsi de 53% à 55%.
Pour ce qui est des droits de l'homme et l'état de droit, la Cea avance qu'ils font l'objet d'un plus grand respect en Afrique. Dans ces deux domaines, cette instance du système des Nations Unies a noté des progrès marginaux -48% en 2005 contre 50% en 2007 pour les droits de l'homme et 49% contre 52% pour l'état de droit. Selon la Cea, d'autres améliorations sont l'efficacité de l'organe législatif, l'efficacité de l'organe exécutif et l'efficacité de l'organe judiciaire qui ont toutes trois gagné un point de pourcentage par rapport à l'étude de 2005.
S'agissant de l'économie en général, la Cea estime que l'Afrique a accompli des progrès notables. Selon elles, l'évaluation du groupe d'experts a été positive pour la gestion économique (3 points de pourcentage de mieux), les politiques favorables à l'investissement (6 points de pourcentage de mieux) aussi bien que l'efficacité du régime fiscal (3 points de pourcentage de mieux). La Commission économique pour l'Afrique informe que le taux annuel moyen de croissance du continent, qui s'établit à environ 5% au cours des 10 dernières années, vient corroborer cette perception positive de l'économie.
Le Secrétaire Exécutif de la Cea, Abdoulie Janneh souligne que « la crise économique offre des possibilités et représente une opportunité pour l'Afrique de diversifier ses économies, de mettre progressivement en place une base industrielle, de mieux mobiliser les ressources aux fins d'investissement à échelle nationale et régionale et de se rendre moins tributaire des ressources extérieures de financement du développement ». De surcroît, poursuivit M. Janneh, « étant donné que la crise économique et financière mondiale n'a pas encore éclaté dans toute son ampleur et toute sa gravité, il faut constituer des mécanismes de gouvernance innovateurs aux niveaux national, régional et international pour aider les pays africains à faire face à la situation ».
Concernant la corruption, la Commission économique pour l'Afrique constate que ce fléau « demeure un défi redoutable pour le continent ». Selon la même source, « l'indice de lutte contre la corruption a reculé de trois points de pourcentage (48% en 2005, 45% en 2007) ». Elle estime qu'« il faut que les pays africains redoublent d'efforts dans la lutte contre la corruption ».
Pour récapituler, la Cea se demande « ainsi le tableau d'ensemble de la gouvernance est-il marqué par le progrès limités ». Il juge qu'il y a lieux « d'intensifier les efforts pour améliorer la gouvernance sur le continent, la bonne gouvernance étant la condition sine qua non du développement économique et de la réalisation des Objectifs du millénaire pour le développement (Omd) ».
Il faut rappeler que le Rapport sur la gouvernance en Afrique représente un suivi et une évaluation des progrès accomplis en matière de gouvernance en Afrique. Il détermine les lacunes en matière de capacités dans les institutions de gouvernance et propose des moyens d'action propres à promouvoir la bonne gouvernance. Selon la Cea, le document « suit une méthode unique, combinant trois instruments -une enquête d'opinion effectuée auprès d'experts nationaux, une enquête par sondage auprès des ménages et la recherche documentaire ». Publié en 2005, fait savoir la Cea, la première édition du Rapport couvrait 25 pays africain alors que le présent en couvre 35.
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