Bacary Domingo Mane
6 Novembre 2009
Après avoir interdit dans un premier temps la marche des jeunes de l'opposition, prévue ce vendredi, l'Etat est revenu sur sa décision. La manifestation de protestation contre les « dérives » du régime libéral, aura lieu aujourd'hui à 16 h, sur l'itinéraire partant de la Poste de Médina, en passant par le Triangle Sud (Rts), jusqu'à l'Obélisque, via le boulevard du Centenaire. La marche se fera avec un changement de l'itinéraire initial qui devaient mener les jeunes de l'opposition devant les grilles du Ministère de l'intérieur. Quant aux femmes parlementaires libérales qui avaient prévu une autre marche, mais avec un itinéraire inverse, leur demande est déclarée irrecevable par le Préfet de Dakar.
Après avoir envoyé, vers les coups de 14 h, aux jeunes et femmes de l'opposition la notification de refus « d'autoriser » la marche de protestation prévue aujourd'hui vendredi, pour « risque de trouble à l'ordre public », le Préfet de Dakar est revenu à de meilleurs sentiments. Il a décidé, à la suite d'une rencontre avec les responsables des jeunes et de Benno Siggil Senegaal, aux alentours de 15 h, « d'autoriser » la manifestation. Dans un communiqué daté du 05 novembre, Ibrahima Sakho, le Préfet de Dakar, souligne : « Des circonstances nouvelles ont conduit l'autorité chargée de l'ordre public à modifier son appréciation sur le projet de marche envisagée par les jeunesses de l'opposition ». Et d'ajouter : « En conséquence, la marche programmée vendredi 6 novembre 2009 de 16H00 à 18H30 est autorisée ».
Les jeunes et les femmes de Benno qui avaient décidé de passer par l'avenue Malick Sy pour se retrouver devant les grilles du Ministère de l'intérieur, ont cédé sur leur itinéraire initial. Cette fois-ci les manifestants partiront du poste de Médina, en passant par le Triangle Sud (Rts) pour terminer leur procession devant l'obélisque, via le boulevard centenaire.
Refus de cautionner la provocation
Par ailleurs, l'autorité administrative a précisé que la marche envisagée par le Collectif des femmes parlementaires du Parti démocratique sénégalais (Pds)à, prévue ce vendredi, à la même heure que celle de l'opposition, mais sur un itinéraire inverse, a été interdite. La raison de l'interdiction : « de fortes présomptions d'affrontement entre deux groupes aux objectifs et orientations opposés ». Ce qui, de l'avis du Préfet, est de nature « à mettre en péril la sécurité publique ».
Le Meel ira-t-il jusqu'au bout ?
Rappelons que le Mouvement des élèves et étudiants libéraux (Meel) a annoncé, au cours d'une conférence de presse, une contre-manifestation à la même heure et sur le même itinéraire. « En tant que citoyens sénégalais et jeunes patriotes, nous refusons fermement de cautionner cette agression des institutions républicaines légales et légitimes. Nous nous réservons le droit de défendre la nation contre les menées de (l'opposition) manipulées par des forces étrangères. La rue n'appartient à personne. Nous allons marcher », a déclaré le responsable du Meel, Toussaint Manga.
Les dérives du régime défoncées
Soulignons que les jeunes et les femmes de Benno Siggil Senegaal veulent dénoncer, à travers la marche de ce vendredi, les dérives du régime du président de la République Me Abdoulaye Wade. Ils s'élèvent ainsi contre les scandales qui caractérisent la gestion du pouvoir libéral, au nombre desquels les affaires de l'Anoci, Alex Ségura, du foncier de l'aéroport Léopold Sédar Senghor.
Les jeunes et les femmes de l'opposition ne manqueront pas de s'insurger sur l'affaire de corruption de l'ex représentant résident du Fmi à Dakar, Alex Ségura. Le Président Wade a donné 90 millions F Cfa à Ségura sous forme de « cadeau ». Même s'il se défend en faisant croire que c'est son aide de camp qui s'est trompé de mallette.
Be the first to Write a Comment!
Copyright © 2009 Sud Quotidien. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour tout commentaire ou demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.
AllAfrica collecte et indexe du contenu provenant de plus de 125 organes de presse d'Afrique ainsi que de plus de 200 autres sources d'informations et de nouvelles. Les pourvoyeurs d'informations de AllAfrica gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica.