Le Zimbabwe fait à nouveau la une de l'actualité africaine. Comme un remake, les dissensions entre le chef de l'Etat Robert Gabriel Mugabe et son Premier ministre Morgan Tsvangirai replacent à nouveau le pays sous les projecteurs. Après une accalmie de huit mois, suite à la formation du gouvernement d'union nationale, c'est reparti pour les querelles byzantines.
La cohabitation est mise à mal et chacun ne jure que par la perte de l'autre, preuve que les poignées de main, les embrassades au moment de la signature de l'accord en début d'année, n'étaient que de la pure hypocrisie. Les héros, qui étaient sans doute fatigués, ont visiblement mis à profit cette trêve pour se refaire des forces afin de repartir de plus belle dans la guerre.
Depuis la mi-octobre 2009, les deux têtes de l'Exécutif ne filent plus le parfait amour, ne veulent plus se voir même en peinture. La haine qu'ils se vouent cordialement a repris le dessus surtout après la réincarcération du trésorier du parti du Premier ministre (MDC), Roy Benett, poursuivi par la justice pour « terrorisme ». Tsvangirai en a pris prétexte pour rompre tout contact avec le camp présidentiel, allant même jusqu'à snober le conseil des ministres.
La situation est devenue inquiétante à tel point que cinq chefs d'Etat de la Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC) se sont retrouvés hier 5 novembre, à Maputo, au Mozambique en un mini-sommet extraordinaire sur l'ancienne Rhodésie du Sud. Objectif : sauver l'accord de partage du pouvoir qui a permis la constitution d'un gouvernement d'union nationale en février dernier et dont les rênes ont été confiées à l'opposant historique de Robert Mugabe alias Papy Bob.
Comme le soldat Ryan, cet accord mérite d'être sauvé pour avoir, d'une part, été âprement négocié et, d'autre part, permis d'éviter le chaos total dans lequel sombrait le pays du fait des violences liées à la réélection contestée de Mugabe. Pour avoir été l'artisan de la confection de l'attelage entre le vieux Bob et son opposant historique, la SADC est à nouveau appelée à la rescousse. Il s'agira de rétablir la confiance entre deux hommes à couteaux tirés qui s'observent en chiens de faïence. Et c'est là toute la difficulté, la délicatesse de la mission de la SADC.
Le souhait le plus ardent des Zimbabwéens est que les protagonistes fument à nouveau le calumet de la paix pour éviter au pays de basculer une nouvelle fois. Leur bras de fer est redouté en ce qu'il rappelle des souvenirs douloureux, ceux des violences post-électorales dont les militants de l'opposant historique ont surtout fait les frais. Au-delà de la SADC, c'est la communauté internationale qui est interpellée dans son ensemble. Elle doit s'impliquer pour trouver rapidement une solution à la nouvelle crise entre les deux têtes de l'Exécutif qui prennent en otage, à eux seuls, le destin de millions de Zimbabawéens.

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