Brice R. Mbodiam
6 Novembre 2009
Le scénario décrit ci-contre, et qui démonte le stratagème mis en place par les responsables de Taug pour séduire la mission camerounaise à Chicago, est celle usitée par les feymen, ces marchands d'illusion qui pillent les richesses des esprits faibles, et dont le Cameroun regorge du plus gros contingent. Se faire rouler de cette manière par des étrangers relève donc de la théorie de l'arroseur arrosé. Mais, face à cette affaire qui s'apparente à une escroquerie, l'on peut s'interroger sur l'indolence des autorités camerounaises, bien que certains d'entre eux ont senti du louche dès le lancement du projet ?
Cette attitude peut bien être justifiée par l'implication personnelle de l'ambassadeur des Etats-Unis de l'époque dans ce projet, dès son lancement jusqu'au départ du Cameroun de Niels Marquardt ; lequel était, et c'est le moins qu'on puisse dire, un véritable caillou dans la chaussure des autorités camerounaises, de par ses déclarations qui ne servaient pas toujours les intérêts du gouvernement.
Lequel gouvernement ne souhaitait certainement pas en rajouter à la rage de ce diplomate, en s'opposant à un projet qui rencontrait non seulement son assentiment, mais bénéficiait de tout son soutien : Il est plusieurs fois arrivé que le service de la communication de l'ambassade des Etats-Unis à Yaoundé soit mis à contribution pour assurer la communication autour des évènements organisés par Le Car ou Le Bus. Ce soutien de l'ambassadeur des Usa, qui est somme toute normal pour un diplomate dont le job est de préserver les intérêts et d'assurer le rayonnement de son pays dans un autre pays ; ne saurait cependant absoudre les autorités camerounaises généralement promptes à apposer leur paraphe sur des projets qu'on leur présente, pour peu que leurs intérêts égoïstes sont satisfaits.
Car, en plus du cas Taug, on peut citer la nébuleuse Hydromine (encore une société américaine), cette société dont le siège se limite à une chambre dans un hôtel à New-York, et qui avait été visiblement montée de toute pièce pour venir s'octroyer l'exploitation de la bauxite au Cameroun. Alors que les responsables de cette entreprise prétendaient vouloir investir 5000 milliards de Fcfa au Cameroun, l'on avait été surpris de constater que la représentation de cette société à Yaoundé n'était autre chose que la dépendance de l'un de ses pions au Cameroun. Si Taug semble avoir réussi son coup, Hydromine n'est pas aller jusqu'au bout de cette imposture. Après s'être résolu à accepter qu'on ne pouvait pas attaquer un chantier comme l'exploitation de la bauxite sans le sou, et malgré les appuis solides dans les hautes sphères de la République, cette société sur papier a vendu le permis d'exploration qui lui avait été signé par les autorités camerounaises à des partenaires des Emirats Arabes Unis. Ce qui a conduit à la création de la Cameroon Alumina Limited (Cal), consortium dans lequel Hydromine n'est actionnaire qu'à 5%.
Après Hydromine, il y a eu Famm Cameroon, dont la promotrice camerounaise se targuait de soutiens américains. Et même d'avoir la même nationalité que l'oncle Sam. Cette Ong spécialisée dans la sécurité sociale, après un lancement en trombe de ses activités et l'apprivoisement des autorités gouvernementales en charge de ce secteur d'activités, a fermé boutique avec des centaines de millions de Fcfa appartenant à des populations aguichés par les services révolutionnaires que leur proposaient Briget Ambela Jeffrey et Cie. Récemment, c'est un rapport du ministère des Forêts qui épinglait Geovic, la société chargée de l'exploration du Nickel et du cobalt à Lomié dans la région de l'Est, pour coupe illégale du bois. Le Cameroun, haut lieu des magouilles en tout genre, semble être devenu une destination favorite pour des bandits sanglés dans des costumes d'investisseurs.
Be the first to Write a Comment!
Copyright © 2009 Le Quotidien Mutations. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour tout commentaire ou demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.
AllAfrica collecte et indexe du contenu provenant de plus de 125 organes de presse d'Afrique ainsi que de plus de 200 autres sources d'informations et de nouvelles. Les pourvoyeurs d'informations de AllAfrica gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica.