T.M.E.
5 Novembre 2009
interview
Kinshasa — Le réception du Budget de l'Etat pour l'exercice 2010 par l'Assemblée nationale et le rejet de la motion de défiance contre le Premier ministre défraient encore la chronique. Qu'en dites-vous ?
Nous, nous appartenons à l'opposition extra-parlementaire. Le débat sur le Budget et le rejet de ladite motion ne nous intéresse nullement. Nous laissons à la majorité le temps de diriger le pays telle qu'elle l'entend. Ce qui est évident, c'est que, le Budget de l'Etat pour l'exercice 2010 est loin de satisfaire les attentes actuelles de nos populations. Nous mettons le cap sur les échéances politiques et électorales prochaines.
Que répondriez-vous à ceux qui estiment que l'opposition ne parle pas le même langage sur les questions d'intérêt national ?
C'est vrai, l'opposition congolaise a toujours brillé par des incohérences. Souvent, c'est quand le peuple a besoin d'elle pour exprimer ses aspirations, qu'elle manifeste ces incohérences notoires et répréhensibles. Un regard attentif et rétrospectif sur les événements politiques de notre pays, confirme notre point de vue. Cet agir pousse les observateurs avertis à se poser la question légitime sur l'existence d'une a1ternative crédible pour le Congo. Cette situation est le résultat tangible de la médiocrité de notre classe politique. La RDC regorge peu d'hommes soucieux de son décollage. C'est pourquoi, l'opinion congolaise réclame constamment une alternative générationnelle de qualité pour son développement. Car la crise congolaise est avant tout morale et éthique. Les prélats catholiques ne cessent de le répéter dans leurs messages.
Que pensez-vous de l'organisation des élections générales de 2011?
Nous avons toujours réclamé le recensement scientifique de la population. Mais, cela ne s'effectue pas. Si le gouvernement et ses partenaires extérieurs réunissaient les moyens pour cette opération, tant mieux. Mais, nous tenons mordicus au respect du délai constitutionnel de cinq ans. La communauté internationale a imposé en 2006, le cycle électoral dans notre pays. C'est dans ce sens que nous saluons la position prise dernièrement par le Conseil de l'Union européenne relative au soutient du processus électoral dans notre pays.
Quel votre commentaire sur les travaux du 14ème sommet de la CEEAC qui se sont déroulés en octobre dernier à Kinshasa?
Nous ne pouvons qu'encourager les organisateurs de ces assises pour leur réflexion sur le développement de la sous-région de l'Afrique centrale. Cependant, nous constatons qu'en pratique, la RDC ne tire pas de dividende, du fait de sa présence dans cette organisation. Si dividende il y a, elle ne peut qu'être partielle et politique, au bénéfice de seuls dirigeants congolais. Notre pays est membre de plusieurs organisations africaines, dont l'UA, la CEEAC, la SADC, la CEPGL. Hormis l'UA, les autres structures ont, à notre humble avis, une vocation économico-sociale. Autrement dit, toutes ces organisations, en soi, sont bonnes lorsqu'elles contribuent, de l'une ou de l'autre manière, au décollage socio-économique des pays membres. A cet égard, nous nous posons les questions de savoir quels sont les pays membres de ces organisations qui ont accédé à la stabilité sur le plan économique et social? Ont-ils atteints les objectifs qu'ils se sont assignés au départ ? Raison pour laquelle, une autocritique responsable s'avère indispensable, afin de connaître l'opportunité existentielle de toutes ces structures. La classe politique congolaise, devra réfléchir fondamentalement sur ce sujet et en tirer les conséquences. Si ces structures étaient naturellement porteuses de bonheur, les dirigeants politiques congolais par exemple, hôtes du dernier sommet de la CEEAC ne se seraient pas plaints de manque de contribution financière de la plupart de ces membres. Faudra-t-il continuer à siéger dans ces forums? La RDC a organisé le sommet de la SADC et de la CEEAC. Qu'est-ce que le peuple congolais a directement bénéficié en terme de dividende économico-social? Pour que ces organisations contribuent réellement au développement de la sous-région, il est utile de donner beaucoup de pouvoir à l'Ua, puis la doter des mini-structures sous-régionales à vocation économique et sociale, travaillant sous l'unique coordination de l'UA. Il existera alors, une unité dans la diversité rationalisées pour le bien commun.
L'Angola et la RDC sont membres de la SADC. Comment expliquez-vous la brouille observée il y a peu entre ces deux Etats ?
C'est pourquoi, nous insistons sur le fait que si la RDC se fait membre d'une organisation, fut-elle africaine, il faudrait que cela puisse profiter au bien-être des populations. Bien des gens ont déjà réagi à ce sujet en démontrant qu'il s'agit d'un enjeu économique relatif au gisement du pétrolier. Mais, nous soulignons la dimension politique et diplomatique. Cette affaire est une question des rapports de forces. Les autorités angolaises connaissent le rôle prépondérant qu'elles ont toujours joué dans la sphère politique congolaise. Elles maîtrisent bien tous les rouages de la RDC. Ce qui leur donne des réflexes d'agir comme elles entendent. Donc, il est imprudent et même dangereux de banaliser les actes répétitifs de sabotage posés par l'Angola à l'égard de la RDC. C'est un message clair de Luanda à Kinshasa.
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