L'Express de Madagascar (Antananarivo)

Madagascar: Zo Nantenaina, un jeune poète atypique

Hernan Rivelo

6 Novembre 2009


Les oeuvres de Zo Nantenaina seront au centre d'une lecture poétique ce dimanche. Pour lui, c'est l'heure de la révélation et du défi.

Vivre en poète en plein XXIè siècle vaut-il la peine ? Et surtout dans un pays comme Madagascar où la littérature se limite plutôt à servir une obligation scolaire, trop loin de constituer une culture populaire ? Fort heureusement (ou malheureusement?!), des passionnés s'y accrochent....malgré tout.

Avec ses 24 printemps, Zo Nantenaina se trouve parmi ceux qui y croient encore. Et peut-être vraiment.

Ce dimanche 8 novembre à 14 h 30, il présentera ses poèmes lors d'une séance de lecture poétique (antsan-tononkalo) sous le thème de «Ady varotra farany» (ultime marchandage). «Ce titre se réfère à mon oeuvre qui évoque l'ultime argumentation des personnes soumises au jugement dernier», explique le jeune poète.

La thématique semble bien choisie, vu que le rendez-vous se tiendra à l'église FJKM d'Ambalavao-Isotry. En plus, il s'agit d'une séance organisée par le Sampana Tily sy Mpanazava, le département des jeunes éclaireurs et éclaireuses (scouts), auquel Zo Nantenaina adhère depuis l'âge de 5 ans.

Messages

L'initiative ravit le poète, car il paraît que c'est la première lecture poétique dans son temple.

Mais l'église et la foi ne sont pas les seuls soucis de ce poète qui «se respecte». En fait, les poèmes d'amour à «l'eau de rose» ne figurent pas parmi ses thèmes de prédilection.

Il s'explique : «Tout le monde a écrit sur l'amour. On en a assez dit. Ce qui m'intéresse c'est la réalité quotidienne des gens, socialement et moralement parlant».

Mais choisir les bons sujets suffirait-il à un lectorat souvent exposé à divers obstacles pour parvenir à acquérir un support de lecture entre ses mains ?

En bon amateur qui vient d'autoproduire son recueil à quelque 100 exemplaires, Zo Nantenaina connaît quelque chose sur l'édition, et il le dit : «A Madagascar, les fervents de la littérature sont encore légion de nos jours. Cependant les oeuvres malgaches se trouvent absolument submergées, vu que les lecteurs préfèrent la littérature étrangère».

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A qui la faute? Au moins, notre poète semble bien conscient d'une certaine vision qui s'impose sur les talents.

«Les poètes doivent faire de gros efforts pour encourager le public, en particulier les jeunes, à revenir vers la lecture de la poésie. A mon avis, il serait judicieux d'écrire sur tout ce qui touche la vie populaire et tâcher de vivre son temps», soulève-t-il.

Enfin de compte, pourquoi a-t-il opté pour la poésie ? «La poésie est beaucoup plus efficace pour la transmission de messages, puisqu'un recueil de 50 pages peut se lire pendant le trajet en bus, tandis que pour les autres genres, il faut plus de temps pour les assimilier», confie-t-il.

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