Fatou K. Sene
6 Novembre 2009
Le baromètre des médias au Sénégal a montré un recul de 0,1 sur la période 2007-2008. Le rapport 2008 de l'analyse des réalités de la presse a été présenté hier par la Fondation Friedrich Ebert Stiftung.
L'analyse des réalités de la presse sénégalaise sur la période 2007-2008 n'est pas reluisante. Si l'on se fie au rapport du baromètre des médias présenté hier par la Fondation Friedrich Ebert Stiftung (Fes), le Sénégal a reculé de 0,1 point dans l'analyse 2008. Car lors du dernier exercice de 2006, il était à 2,6 points contre 2,5 l'année dernière. Ce pointage a été établi sur la base d'indicateurs, comme la protection et la promotion de la liberté d'expression, la transparence, la régulation, le financement des médias, etc. 'C'est un léger fléchissement, car nous avons une stagnation sur l'un des critères et sur les trois autres, un net recul', commente le rapporteur, Souleymane Niang.
Cette situation est surtout due aux nombreuses agressions dont ont été victimes les journalistes. Les saccages des groupes de presse 24H Chrono et de L'As, les attaques des reporters de Walf Tv au siège du Pds, du correspondant du journal Le Quotidien à Touba, des journalistes Karamoko Thioune et Kambel Dieng, etc., sont cités comme des exemples parfaits des difficultés que rencontrent les médias. 'La presse est menacée, agressée et molestée' lit-on dans le rapport.
Ce qui fait dire aux analystes, composés des personnalités de la société civile, Penda MBow, Fatou Sow Sarr, des professionnels des médias, Diatou Cissé, Mbaye Sidy Mbaye, qu"au Sénégal malgré la prise en charge par la loi de la protection et de la promotion de la liberté d'expression y compris la liberté des médias, l'exercice de celle-ci sur le terrain se fait par crainte'.Le rapport 2008 signale aussi les difficultés d'accès à l'information publique. Par exemple, souligne-t-on, 'la répartition du budget de la présidence jugée comme une information sensible'.
Le baromètre des médias au Sénégal se réjouit de la pluralité du paysage médiatique et de la présence des femmes dans les médias à des postes de responsabilité. Mais, il s'offusque de la non prise en compte de la diversité culturelle par la presse. Il dénonce la prédominance de la politique sur les autres aspects de l'actualité que ce soit au niveau de la presse écrite que dans l'audiovisuel.
Les analystes notent aussi certains points positifs. Notamment la concertation entre autorités étatiques et la presse pour l'amélioration d'un cadre juridique adéquat. Quelques recommandations comme le management des entreprises de presse, la formation des journalistes, etc., ont été émis pour un développement harmonieux des médias. Il a été suggéré la prise en compte de la presse en ligne dans le prochain rapport prévue en 2010. Le rapport 2008 des médias sénégalais informe le représentant résident de la Fondation, Friedrich Krammé Stermose, entre dans le cadre du projet 'Baromètre des médias africains'. 'C'est un programme régional initié et exécuté tous les deux ans dans vingt pays africains pour une analyse locale des réalités des médias', explique-t-il. Des pays comme l'Algérie, le Bénin, etc. se sont adonnés au même exercice. Cette démarche a pour objectif le renforcement de la liberté de la presse en Afrique.
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