Khady Bakhoum
6 Novembre 2009
Le rapport du Fonds monétaire international sur les Perspectives économiques pour l'Afrique est optimiste quant à la reprise de la croissance économique sur le continent, à l'instar des autres régions du monde. La croissance de 2009 ne devrait pas excéder 1 %. Toutefois, le rapport note une régression du Sénégal par rapport à ses pairs de la sous-région.
Tout comme les autres pays de l'Afrique subsaharienne, la croissance économique du Sénégal devrait reprendre en 2010. Toutefois, le Fmi signale, dans son rapport, que son taux sera en deçà des moyennes régionale et sous-régionale. Dans les projections sur le Pib pour les années 2010 et 2011, le Fonds situe le Sénégal dans le carré des pays dont le taux sera compris entre 2,5 et 4 %. Alors que dans la zone Uemoa, le rapport prévoit un Pib variant entre 4 à 5 % pour le Mali, la Côte d'Ivoire, le Burkina Faso, le Nigéria.
Dans les pays d'Afrique australe, le Pib est attendu à 5 % et plus. L'Afrique du sud, cependant, tarde à sortir de la crise. Son Pib est logé dans le carré des 0 à 2,5 %. 'La crise économique mondiale a durement éprouvé l'Afrique subsaharienne et fait tomber la croissance économique à 1 % seulement en 2009. Les pays exportateurs de pétrole et les pays à revenu intermédiaire de la région ont particulièrement souffert, les pays à faible revenu ayant été un peu moins touchés', écrit le communiqué de presse qui a précédé la présentation du rapport, hier à Dakar.
Les chiffres mensuels des importations, des exportations et des rentrées fiscales, laissent penser que la plupart des pays de la région ont touché le fond au premier trimestre de 2009, avant d'afficher des signes de stabilisation et de redressement, à l'exception de l'Afrique du Sud. Les deux rapporteurs, Roger Nord du Département Afrique du Fmi et Norbert Funke, chef de mission pour le Sénégal ont indiqué que les politiques macroéconomiques prudentes menées en Afrique ont permis de dégager une certaine marge de manoeuvre pour contrecarrer les effets du ralentissement. 'La plupart des pays ont donc été en mesure de maintenir, voire d'accroître, leurs dépenses en laissant leurs déficits budgétaires se creuser provisoirement', notent-ils.
L'optimisme du Fmi pour la région est fondé sur des prévisions qui démontrent que l'Afrique subsaharienne ne sera pas en reste, dans la reprise de la croissance mondiale. 'La région s'est souvent laissé devancer lors des reprises mondiales qui ont suivi. Ce retard semble imputable en partie aux mesures dommageables qui ont été prises, telles que les restrictions commerciales, et au manque de latitude dans la conduite des politiques budgétaires et monétaires conventionnelles. Cette fois, le recours aux mesures protectionnistes a largement été évité, et la meilleure situation des finances publiques au début de la crise offre une certaine marge de manoeuvre pour assouplir les politiques budgétaires et monétaires', explique le rapport.
Dans les orientations, les experts du Fonds monétaire international mettent un accent particulier sur les politiques budgétaires. 'Les risques de dégradation de la situation demeurent prépondérants. Aussi les politiques économiques devraient-elles viser à soutenir la reprise jusqu'à ce qu'elle ait acquis un certain élan', lit-on. Aussi le Fonds conseille-t-il aux Etats de renforcer les stabilisateurs automatiques, de raffermir les institutions budgétaires, d'assouplir les contraintes de financement et d'améliorer les données et les capacités d'analyse. Les règles budgétaires et les fonds de stabilisation des prix des matières premières, pourraient être utiles, à condition de s'appuyer sur des institutions solides, avec une ferme volonté d'observer les normes de bonne gouvernance, souligne le rapport.
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