Monica Nkodo
6 Novembre 2009
Face à des usagers en détresse, un circuit de « facilitateurs » aux services peu fiables, tisse son réseau.
Dans la cohue, ils se confondent aux étudiants et fonctionnaires venus établir un dossier au ministère de la Fonction publique et de la réforme administrative (Minfopra). Les principes de la démarche sont la discrétion, mais aussi l'approche «tactique ». Le démarcheur observe sa cible pendant quelques minutes. Il la regarde aller et venir, se renseigner auprès du gardien, acheter des fiches et photocopier des papiers. Quand il sait enfin ce qu'elle veut, il se précipite vers elle et lui propose ses services. Marilyne Etonde est arrivée hier de bonne heure. Depuis qu'elle a entendu parler du concours de la Fonction publique pour les assistants principaux des affaires sociales, cette étudiante passe le gros de ses journées devant le ministère. Une proie idéale pour les démarcheurs. «J'avoue que j'ai cédé à la tentation. Leur proposition est alléchante et un cousin m'a raconté que ses papiers ont rapidement abouti grâce à un de ses «contacts». D'ailleurs, je vais faire de nouveau appel à eux», confie la jeune fille.
Grande est la difficulté pour entrer dans le ministère avant l'heure autorisée. Pressés, plusieurs usagers se font avoir par des individus qui leur promettent rapidité et résultats. Selon un photocopieur, «l'arnaque vient souvent des employés du ministère eux-mêmes. Dans ce cas, la démarche porte souvent ses fruits, même si l'usager y laisse beaucoup plus d'argent qu'il n'en faut. «Ce qu'ils ignorent toutefois, c'est que nombre de ces démarcheurs se font passer pour des personnels de l'administration. A la délégation régionale des Transports pour le centre situé au carrefour Coron, ils ont établi domicile devant l'institution. «Ils ne se cachent même plus», se plaint une employée de la délégation, vraiment en colère. Vêtus pour certains en costume cravate, ils ont l'air presque crédibles. Ils tournent autour des acquéreurs de carte grise ou de permis de conduire, et sans état d'âme, leur soutirent de l'argent.
Idem pour les banques, où des usurpateurs promettent aux fonctionnaires de leur obtenir un crédit ou de leur faire toucher leur salaire avant tout le monde. Au ministère des Finances (Minfi), les frasques des démarcheurs sont monnaie courante. Pour preuve, l'anecdote d'un enseignant d'université en train d'établir les dossiers pour son rappel. «Je me suis fait avoir par un monsieur qui prétendait m'aider. Un jour, je suis arrivé et j'ai vu son portrait épinglé à un mur du ministère, avec en-dessous, la phrase :≤ Chers usagers, méfiez-vous, cet homme est un escroc. Il n'est pas un employé du Minfi.≤ « Le choc de la victime est immense. Le faussaire s'était envolé après lui avoir dérobé plus de 50.000 F.
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