Cameroon Tribune (Yaoundé)

Cameroun: Le grand saut

Rousseau-Joël Foute

6 Novembre 2009


Les pouvoirs publics ont fait de l'accès au savoir une préoccupation majeure, en consacrant à ce secteur une partie importante des dépenses de l'Etat.

Les défis

Le taux de scolarisation (55%) et le taux d'alphabétisation (67,9%) sont loin d'avoir atteint les 100%. Pour de multiples raisons, la déperdition scolaire est encore importante. En outre, on observe toujours une inadéquation entre la formation et l'emploi, d'où un nombre élevé de chômeurs diplômés de l'enseignement supérieur qui ont du mal à s'insérer dans le monde compétitif du travail.

Par ailleurs, le nombre d'enseignants en activité ne satisfait pas encore la demande pour un encadrement de proximité des élèves dans le primaire, le secondaire et l'enseignement supérieur.

Les acquis

Pourtant, s’il est un domaine où des progrès remarquables ont été faits au Cameroun sous le Renouveau, c’est bien celui de l’éducation, demeuré au centre des attentions des pouvoirs publics. Un saut à la fois quantitatif et qualitatif a été opéré. Au niveau de l’enseignement primaire, la gratuité des inscriptions est effective depuis plusieurs années dans le secteur public, afin de donner sa chance à chaque enfant d’acquérir des connaissances de base. Dans l’optique de l’atteinte de l’objectif n°2 des OMD (Objectifs du millénaire pour le développement), à savoir, assurer l’éducation primaire pour tous, un programme pluriannuel de contractualisation des instituteurs est entrée dans sa quatrième année en 2009. Il est question, au terme du programme en 2011, de recruter environ 37 200 instituteurs. Bon à savoir, le déficit tournait autour de 40 000 enseignants en 2005, de source proche de la direction des ressources humaines du MINEDUB. En plus, la politique infrastructurelle dans le domaine de l’éducation se poursuit d’année en année, comme l’atteste la construction, rien que pour l’année 2008, de plus de 1500 nouvelles salles de classes équipées en tables-bancs.

Dans l’enseignement secondaire, la densification du maillage des établissements se poursuit depuis plus de 25 ans, grâce à des créations nouvelles, des transformations et des ouvertures effectives d’établissements. Plus besoin aujourd’hui de parcourir des centaines de kilomètres dans les villages pour trouver un CES ou un lycée, désormais à la portée des apprenants.

Dans l’enseignement supérieur, les transformations qui s’opèrent depuis plus d’une décennie ont littéralement changé le visage de cet ordre d’enseignement au Cameroun. Qu’on se souvienne que jusqu’en 1993, il n’y avait qu’une seule Université d’Etat au Cameroun basée à Yaoundé. Aujourd’hui, on en compte sept, ainsi que 38 établissements (25 Facultés et 13 grandes écoles), qui côtoient une zone franche universitaire, deux universités virtuelles (numériques) dont une à vocation sous-régionale et une à vocation régionale, un Centre de télémédecine à l’Université de Yaoundé I et 700 laboratoires scientifiques.

Par ailleurs, l’alignement sur le système Licence-Master-Doctorat (LMD) est effectif, et la devise : « One Student = One Job » est dans tous les esprits. De surcroît, conscient des capacités d’absorption limitées des Universités d’Etat, le gouvernement soutient et encadre les initiatives d’enseignement supérieur privé pour en garantir la qualité. 73 Instituts privés de l’enseignement supérieur sont recensés à ce jour et des partenariats académiques ont été conclus entre les instituts privés et les universités d’Etat.

Les pistes

Pour motiver davantage les enseignants, il faut signer et appliquer le statut particulier qui leur est consacré avec tous les avantages qu’il comporte. L’application effective de ce statut va galvaniser davantage ce corps d’élite dont la contribution au développement du pays est inestimable. En plus, les contenus des programmes d’enseignement et de formation devraient être modifiés pour les adapter aux besoins en développement du pays. Un grand accent doit être mis sur la formation professionnelle dans les filières techniques, afin de créer une classe d’ouvriers et de techniciens qualifiés dans les secteurs de pointe. Dans cette optique, il faut créer des passerelles entre l’école et le monde des entreprises, et prévoir lors de l’implantation des entreprises étrangères ici des clauses obligatoires relatives au transfert des technologies et des compétences.

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